La gloire de Turenne ? (éléments de réflexion)

TURCKHEIM le 5 janvier 1675

 

Pour la plupart des historiens francophiles, cette date marqua une victoire éclatante sur les  Impériaux (coalition austro-brandebourgeoise). Mais ce que nombre d’entre eux ignorent, c’est ce qui se passa ensuite.

 

Turenne décida pour remercier ses troupes, de leur donner quartier-libre dans la ville. Ce fut à partir de ce moment-là que les habitants subirent les pires horreurs de la part de l’armée.

 

Meurtres, viols, voies de fait, tortures, furent perpétués sur la population au point que l’on désigna Turenne par le surnom d’« Attila français ». Environ un tiers de la population perdit la vie à cause d’un homme présenté aujourd’hui encore comme un héros de l’histoire.

 

 

 

 

On a bien tenté de couvrir ces faits en invoquant une épidémie de grippe pour expliquer le nombre de victimes, mais malheureusement l’histoire ne peut être modifiée pour justifier l’injustifiable. Le message était clair : faire peur aux habitants de Colmar pour obtenir leur reddition.

 

 

 

Certains renseignements puisés dans les registre paroissiaux méritent d’être notés.

 

Ainsi si l’on compare le Relevé des décès du registre paroissial pour la période de janvier à avril 1675 on peut être surpris par les chiffres. En comparant les mois de janvier aux mois d’avril pour les années 1672 à 1675 on constatera une moyenne d’environ un dizaine de décès alors que pour l’année 1675 on en relève plus d’une centaine.

 

 

 

 

 

 

Mais j’ai voulu en savoir davantage sur cette histoire et j’ai trouvé quelques éléments intéressants sur ce sujet :

 

 

 

Voici par exemple ce qu’on peut lire dans l’ouvrage publié par Bernard Wittmann en 2000 dans son livre

« UNE HISTOIRE DE L’ALSACE, AUTREMENT » Tome I :

« Pendant des jours, la ville fut systématiquement pillée et mise à sac par les garnisons laissées sur place.

Au plus fort du « nettoyage », parmi les habitants restants, qui se terraient dans les ruines, beaucoup furent passés au fil de l’épée par la soldatesque déchaînée ou pendus aux arbres environnants.

En effet, dans la nuit du 4 au 5 janvier, une partie de la population, paniquée par l’approche des Français, avait profité des moindres orifices dans les murailles, y compris raconte-t-on, par les étroites meurtrières (de fait par les brèches dans le mur d’enceinte) pour s’enfuir. De là, il leur restera le sobriquet de « Lochschlüpfer ».

Ceux restants étaient essentiellement des « gueux », des vieillards, des malades et des femmes. Des enfants, et même des bébés, sont massacrés. Les femmes sont violées et quand elles résistent, on leur tranche les seins.

Les massacres, le saccage et les pillages (dont les archives conserveront le souvenir) durèrent ainsi pendant près de deux semaines. La sauvagerie avait ainsi atteint des sommets à Türkheim et ses environs. »

 

 

 

 

 

De son côté, Auguste Scherlen, dans son « HISTOIRE DE LA VILLE DE TURCKHEIM  » mentionne une lettre datée du 20 janvier 1678 que la « Burgerschaft » (conseil municipal de Turckheim) adressa au grand bailli et qui affirme :

 

« Turenne voyant leur malice et opiniâtreté; et qu’ils sont plus enclins pour le service de l’Empereur que pour le service du Roy, toute son armée restant devant Turckheim et que personne de la ville se présente, il la laissa piller et ruiner sans aucun empeschement ainsi qu’ils n’ont non seulement (les soldats) ester piller et totaliter ruiné comme il est connu par toute la province, mais aussi toutes les honnestes filles et femmes violées et martyrisées à mort. »

 

 

 

Il vous appartient bien sûr de juger vous-même cette affaire mais je pense que les données historiques apportent un éclairage intéressant !

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