Mystérieuse inscription

Voici un linteau de porte qui a certainement laissé perplexe plus d’un promeneur qui l’a aperçu sur cette maison de la rue des Marchands à COLMAR.

 

Connue en 1581 sous le nom de « Zum Tiefen Keller » (A la cave profonde) cette maison possède une inscription sur le cintre de la porte sur lequel apparaît un texte plutôt obscur : « Fide sed vite Trau W Schewen ».

 

Que peut bien vouloir signifier ce texte ?

 

Je vous laisse chercher avant de vous en donner la traduction d’ici quelques jours !

 

Ce  type d’inscription que l’on trouve sur ce linteau de porte fait partie d’une tradition très répandue en Alsace. En effet, de nombreuses maisons regorgent généralement d’inscriptions de toutes sortes. On en trouve sur les poteaux corniers, les linteaux de portes de logis ou de grange, les piliers, les allèges de fenêtres…

 

A Kaysersberg sur la maison de Johannes Volrhat, vous pouvez lire sur l’appui d’une des fenêtres, le texte suivant :

« IVNGES BLUT SPAR DEIN GUOT ARMUOT IM ALTER WHE THUOT ».

 

Voici sa teneur : « Epargne ton bien durant ta jeunesse car la pauvreté frappe la

vieillesse ». C’est ainsi que s’exprimait cet architecte municipal en 1594.

 

 

 

Également à Kayserberg, sur la maison de Michel Herzer datant de 1592 est inscrit cet autre texte en vieil allemand : « Distel u dorn stechen ser, falche zungen och fil mer, so wolt ich lieper in distlen kaien d s m f zungen plaien ».

 

 

 

 

Il évoque les sentiments de son propriétaire qui était l’objet d’un bavardage malfaisant. Il compare son effet à celui de végétaux qui n’hésitent pas à vous griffer sur votre passage.

 

En voici la traduction : « Les ronces et les épines piquent fort, les mauvaises langues bien davantage, c’est pourquoi j’aimerais mieux tomber entre les ronces que d’avoir affaire à de mauvaises langues ».

 

La plupart de ces inscriptions, quand elles n’ont pas trop été abîmées par le temps restent aisément déchiffrables si l’on prend en considération la motivation de nos ancêtres. Rappelons qu’ils n’étaient pas « littéraires », ils écrivaient souvent de manière phonétique.

 

Les plus répandues sont des inscriptions à connotation religieuse.

 

Comme ici sur une maison de TURCKHEIM où vous pourrez  lire le texte suivant : « Ach Got wie geht es gut » où l’auteur exprime son bonheur dans les termes suivants :  « Ah Dieu comme nous sommes heureux ».

 

On demande fréquemment la protection divine sur la maison et ses occupants,  révélant ainsi des craintes superstitieuses. Ou encore on veut attirer l’attention du voisinage sur l’originalité de la maison et son architecture.

 

On ne saura donc jamais véritablement ce qui traversait leur esprit.

 

De toute manière, tous ces bâtisseurs n’avaient certainement pas imaginé que des siècles plus tard que cela puisse susciter tant discussions et d’interprétations.

 

C’est d’ailleurs là tout le charme de cette architecture rurale où les détails les plus anodins éveillent l’imaginaire. Il vous suffira de poser votre regard quelques instants sur ces messages du passé pour entendre ce que nous disent ces bâtisseurs sur leur époque.

 

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