COLMAR ET SES ECUSSONS

Dans la floraison de pierres, qui apparaît sur nombre d’édifices de Colmar, nous trouvons une large variété d’écussons artisanaux qui reflètent les métiers exercés.

 

 

Qu’ils soient tanneurs, meuniers, tonneliers, laboureurs ils ont gravé le symbole de leur métier sur un linteau de porte ou dans un cartouche apposé sur la façade. Il est ainsi possible de répertorier plus d’une centaine de ces écussons à Colmar.

 

 

Nous allons en examiner quelques exemples pour illustrer notre propos.

 

Ainsi par exemple, dans la petite rue Corberon qui mène au boulevard du Champ-de-Mars, il suffit de s’arrêter devant le n°3. Là se trouvait autrefois une synagogue mais qui brûla en 1279.

 

En 1348, la Ville expulsa tous les Israélites et confisqua tous leurs biens. Plusieurs propriétaires occupèrent ces lieux durant les dizaines d’années qui suivirent.

 

Mais en 1529, le bâtiment était dans un tel état de délabrement, que son nouveau propriétaire, la famille Wetzel, fut contraint d’entreprendre un remaniement complet.

 

Sur l’encorbellement, un cartouche laisse apparaître deux écussons avec la date « 1583 ». A gauche, on distingue un petit pot de fleurs et les initiales « M W » pour Mathis Wetzel. A droite figurent les initiales « M F » pour Margaretha Feng et une truelle représentant la famille Feng

 

Vous vous demandez peut-être pourquoi on désigne généralement cette maison sous l’appellation « Hôtel Corberon » ? La raison est simple, en 1714, Nicolas de Corberon, le premier Président du Conseil Souverain, se rendit acquéreur de cette propriété.

 

Toujours dans la vieille ville, si vous vous rendez au n°2 de la rue Schongauer, vous pourrez  y voir les plus anciennes armoiries sculptées de Colmar. C’est sur une maison appelée « Zum Schwan » (Au cygne) que vous trouverez les écussons de deux familles de notables colmariens.

 

Pour cela il faut examiner l’oriel et notamment sa partie supérieure. De chaque côté de la fenêtre apparaissent encore deux niches (vides) mais surmontées de deux écussons.

 

Celui de droite représente les armoiries de la famille Krus sous la forme d’une constellation de trois étoiles. Georges Krus était un tailleur originaire du pays de Bade lorsqu’il acheta cette maison en 1472.

 

Quant à l’écusson de gauche, il correspond à son épouse, Ursula Rul, une descendante d’une famille patricienne de Bâle.

 

Enfin rappelons que ce fut dans cette maison que le célèbre Martin Schongauer, graveur sur cuivre et peintre avait installé son atelier jusqu’à sa mort en 1491.

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