Le message crypté de 1654

En me promenant dans une rue bien connue des Strasbourgeois, la rue des Hallebardes, je me suis arrêté devant la maison qui porte le n°5.

 

Sur cette maison se détache un bel oriel polygonal couvert d’un toit à impériale.

 

En examinant de plus près cet oriel, j’ai été attiré par le texte mystérieux gravé sur le cartouche central. Il s’agit d’un alignement de douze lettres « BNVMGH-IHKEWK » .

 

D’habitude les lettres figurant sur les linteaux de porte ou dans des cartouches correspondent aux initiales du propriétaire de la maison. Mais ici ce n’est pas le cas.

 

Alors que signifient donc ces lettres ?

 

Un petit plongeon dans les archives du passé, révèle les renseignements suivants :

 

Cette maison appelée en 1335 « Zur der Steinin Gruben » (Aux Carrières de Pierres) fut reconstruite en 1654. C’est effectivement la date qui figure sur le cartouche.

 

Elle appartenait alors à Jean-Jacques Erhard, un bourgeois membre de la « Chambre des XV » ou encore appelée « Conseil des Quinze » (die Fünfzehner Kammer).

 

Ce conseil des XV existait depuis 1433. Il était composé de 5 nobles et 10 bourgeois, cooptés à vie comme tous les membres du Magistrat. Il avait pour mission de veiller au maintien de la constitution de la cité (en vigueur depuis 1482 jusqu’en 1790), à la conservation des droits et privilèges de la Ville, ainsi qu’à l’application des lois et à la rédaction des projets de loi.

 

Mais revenons à notre cartouche central énigmatique. En fait, chacune des lettres correspond à un terme en allemand. L’Alsace avait durant plusieurs siècles été une ancienne terre du Saint-Empire Germanique.

 

Ainsi la lettre  « B » par exemple signifie « Bau » (Construit), la lettre « N » pour « Nur » (seulement) et ainsi de suite.

 

Pour le groupe de six premières lettres « BNVMGH » cela donne :

 

« Bau Nur Vest Mit Gottes Hand » ce qui signifie « Construit seulement avec la main de Dieu »

 

Quand au second groupe de lettres figurant sur la ligne en-dessous « IHKEWK » on lit :

 

« Im Haus Kein Elend Werden Kannt », ce qui traduit veut dire « la maison ne connaîtra nul malheur ».

 

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