La porte de Strasbourg à Sélestat

Cette porte est la seule survivante de l’époque de Tarade qui l’édifia en 1679 dans le plus pur style architectural militaire de l’époque de Louis XIV. Les deux autres portes, la « Porte de Colmar » et la « Porte de Brisach » furent démolies en 1875.

 

Le maître d’oeuvre de ces ouvrages ne fut autre que le célèbre Vauban qui supervisa la construction de la plupart des places fortes d’Alsace.

 

En novembre 1675 Louvois, le ministre du roi Soleil, dans un courrier adressé au Prince de Condé informe ce dernier de la décision prise par le roi de « fortifier Schelestat ».

 

Les travaux débutèrent au cours du même mois sous la direction de Jacques Tarade, l’ingénieur des fortifications et élève de Vauban. Examinons de plus près cet édifice.

 

La façade intérieure lui donne l’apparence d’un petit hôtel. Si nous allons du coté du boulevard Castelnau nous verrons quelques détails architecturaux dignes d’intérêt.

 

 

Observons le fronton triangulaire placé dans la partie supérieure de cette composition monumentale supportée par deux grands pilastres jumelés.

 

Sur ce fronton surmonté d’une grenade, on aperçoit une tête de lion couronnée avec les armoiries de Sélestat encadrée de feuilles de laurier et de chênes surmonté de trois fleurs de lys.

 

Sous cette tête de lion, on distingue l’archange saint Michel terrassant le dragon en tant que chef de la milice céleste et patron des gens d’armes et des soldats. Bon je vous le concède, il faut avoir de bons yeux pour le voir !

 

De part et d’autre du cartouche on reconnaît le soleil de Louis XIV (à gauche) ainsi que son monogramme, composé de la lettre initiale du nom, doublée et entrelacée en un seul caractère, comme ici la lettre L de Louis (à droite). Ce monogramme est une signature royale.

 

Quant au passage de la porte il a tout simplement été muré. On aperçoit encore les rainures dans lesquelles se logeaient autrefois les bras du pont-levis.

 

 

 

 

Dans la partie basse, on découvre un vaste trumeau décoré des attributs militaires comme des étendards, des casques et des armes.

 

 

Au centre de ce trumeau trône depuis le 11 novembre 1920 le buste de la République, une « Marianne » républicaine sculptée par Sichler en remplacement de celui de Louis XIV qui a disparu à la Révolution.

 

Sur la porte murée est apposée en 1919 une plaque en l’honneur du commandant Schweisguth. Le 19 septembre 1813, Schweisguth devint le commandant de la place d’armes de Sélestat. Celui-ci a tenu tête à l’armée bavaroise en 1814 alors qu’elle était à la poursuite des armées napoléoniennes.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *