Le clocher vrillé

Si d’aventure au cours d’une de vos promenades vous passez par Niedermorschwihr, jetez donc un coup d’oeil sur l’église du village.

 

     C’est à l’extérieur que cela se passe, puisque c’est le clocher qui suscite la curiosité. En effet, contrairement à la plupart des clochers que vous rencontrerez en Alsace, celui-ci a une forme tout à fait particulière.

 

Le clocher de l’église Saint-Gall est « vrillé » !

 

Pour les spécialiste on parle plutôt de « clocher tors ».

 

 

 

En effet bien que sa base soit carrée, ce clocher de 42 mètres de haut se tord vers la gauche pour atteindre 45° sur un plan octogonal.

 

Essayons de savoir ce que l’histoire peut nous apprendre sur ce sujet.

 

L’église que vous voyez devant vous a été reconstruite au XVIIIe siècle. C’est ce que révèle une plaque murale apposée sur la façade Sud sur laquelle on peut lire la date de construction « 1805 ».

 

Mais l’église actuelle a été rebâtie sur les restes d’une ancienne église du XIIe et ou XIIIe siècle.

 

Ce serait un problème de finances qui expliquerait la conservation du clocher vrillé. Il n’y avait pas assez d’argent pour reconstruire un nouveau clocher alors on tout simplement gardé l’ancien

 

Bon, des clochers « tors » on en trouve plus d’une centaine un peu partout en Europe. Une étude menée par l’association « Les clochers tors d’Europe » révèle que plus de 60% des charpentes tournent de droite à gauche et les autres dans le sens inverse. Pourquoi cette différence ?

 

Lorsqu’on observe ces clochers tors on constate qu’une bonne partie d’entre eux sont des « clochers tors accidentels ». Les intempéries, le travail du bois, l’affaissement de la charpente dû au poids des tuiles en ardoise peuvent expliquer ces déformations.

 

Quelles peuvent être les autres raisons expliquant cette torsion ?

On ne peu exclure que certains artisans ont voulu réaliser des prouesses architecturales. Les Compagnons du Devoir ont d’ailleurs réalisés des maquettes pour illustrer ces oeuvres d’art. Ils font même réaliser un maquette avec un clocher hélicoïdal aux apprentis charpentiers.

 

Les clocher octogonaux en bois sont constitués d’un « poinçon », une poutre centrale verticale de la pyramide. C’est sur elle que repose l’ensemble du poids de la charpente. Des « moises », pièces de bois fixées à plusieurs niveaux de la flèche, permettent une meilleure consolidation. Le poinçon repose lui sur deux poutres encastrées en croix selon la technique du mi-bois. Ces deux poutres reposent sur la maçonnerie. Cet encastrement, en ôtant à chacune des deux poutres une partie de leur épaisseur, provoque un point de fragilité.

 

Les matériaux le plus souvent utilisés sont l’ardoise, les tuiles vernissées, les bardeaux en bois ou en métal. Une toiture pèse donc plusieurs dizaines de tonnes.

 

Toutes ces explications techniques ne semblent pas être vraiment satisfaisantes au regard de certains qui optent pour des explications surnaturelles.

 

Alors là ce sont les démons, les sorcières et autres êtres maléfiques qui interviennent et se mêlent aux légendes et aux rumeurs pour expliquer pourquoi les clochers sont « vrillés », ou « tordus » ou « endiablés ».

 

Le débat n’a pas fini de susciter des argumentations innombrables !

 

 

 

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