La Commanderie Saint-Jean

L’apparition et le développement des commanderies hospitalières en Basse-Alsace s’étend entre le début du XIIIe siècle jusqu’au début du XIVe siècle.

 

Leur apparition fut essentiellement le résultat de politiques territoriales. Les villes étaient en pleine croissance devenant de nouveaux lieux de pouvoir.

 

A quoi servaient donc ces établissements religieux ? Par les fonctions centrales qu’elles exerçaient, les commanderies contribuaient alors à l’organisation d’une région.

 

On trouve ces commanderies dans différentes villes alsaciennes comme Sélestat, Strasbourg, Colmar.

 

Voyons par exemple, la Commanderie Saint-Jean de Sélestat dont la construction remonte au  XIIIe siècle.

 

Connue sous le nom de « Commanderie Saint-Jean », elle faisait partie de l’ordre de Malte. Les Hospitaliers de Saint-Jean, ce fut sous ce nom qu’ils s’identifiaient,  avaient pour vocation de former les nobles alsaciens chargés de défendre les intérêts de la Chrétienté dans la bassin méditerranéen.

 

La Croix de Malte, symbole de cet ordre, apparaît dans le mur Est.

 

A l’origine il n’y avait qu’une chapelle dédiée à Saint-Michel par Albert le Grand en 1268. Puis en 1399, la commanderie devint prieuré en passant sous l’autorité de Strasbourg.

 

Puis en 1407, on procéda à des modifications importantes. On conserva la chapelle qui servit de chœur à la future église dédiée à saint Jean-Baptiste.

 

D’autres agrandissements du domaine permirent l’organisation d’un internat et d’une école dirigée par les prêtres de la commanderie. Une date « 1559 » apparaît sur le mur de clôture au Nord.

 

Ce fut en 1565, que Jean Holl, le commandeur de Strasbourg confia à l’architecte Michel Sindelin l’édification d’un nouveau bâtiment.

 

En 1632, les Suédois endommagèrent sérieusement plusieurs parties de l’édifice, notamment la toiture du chœur. Compte tenu de l’état du chœur à la fin de la guerre, celui-ci fut finalement détruit.

 

Lors de la construction d’une nouvelle enceinte de la Ville, une partie du domaine de la Commanderie fut supprimée pour permettre le percement de la rue du Marché-aux-Vins.

 

L’église fut finalement fermée à la Révolution et le domaine vendu à la Ville. Deux tourelles d’angle lui furent adjointes au cours du XIXe siècle et la toiture fut remaniée. L’édifice servit ensuite de collège jusqu’en 1910.

 

On y remarque aussi une tourelle de style gothique située au milieu du bâtiment.

 

A l’intérieur de celle-ci un escalier à limon hélicoïdal (partie centrale supportant les marches) grimpe vers les étages supérieurs.

 

Le sommet de la tourelle voûtée est constitué de nervures saillantes moulurées et croisées avec une clé centrale circulaire avec écu vierge.

 

Au rez-de-chaussée, vous pourrez encore apercevoir sur la clef de voûte, les armes du commandeur Jean Holl, celui qui est à l’origine de l’édifice.

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