Les enseignes d’auberges en Alsace

Dans le passé, les auberges étaient nombreuses dans tous les villages d’Alsace. Alors pour se distinguer les unes des autres, il fallait faire preuve d’imagination.

 

Et ce fut ainsi que l’on vit apparaître, à partir du XIIIe siècle, des enseignes pour identifier les différents établissements.

 

Une autre raison explique leur apparition : à cette époque-là il n’y avait aucune numérotation des maisons. Ce ne fut qu’à la fin du XVIIIe siècle que l’on commença à attribuer des numéros aux maisons.

 

 

Comme la plupart des gens du Moyen-Age étaient illettrés, l’imagerie permettait de repérer aisément une auberge.

 

Cela facilitait également les choses pour un étranger qui arrivait dans un village et pouvait ainsi trouver rapidement une auberge pour s’y restaurer et dormir.

 

Les motifs de ces enseignes étaient constitués de symboles en bois peint ou en fer forgé.

 

Ce n’est au fil du temps que les enseignes devinrent de beaux spécimens de ferronnerie et de métal peints suspendus à des potences.

 

Les débits de boissons et autres lieux d’hébergement se servaient souvent de symboles astronomiques.

 

 

On trouve par exemple les noms suivants : « L’Hostellerie du Soleil », « Auberge à l’Etoile ».

 

Ou encore ce sont des animaux qui figuraient sur les enseignes comme « Auberge du Bouc bleu », « Auberge du Lion » , « Auberge de l’Elephant », « Auberge du Brochet ».

 

On trouve aussi des auberge de « L’homme sauvage », « Auberge des Trois-Rois », « Auberge Aux Deux Clefs ». Et on pourrait ainsi rallonger la liste à l’infini.

 

 

A Ribeauvillé, on distinguait deux sortes d’auberges, les « auberges à enseigne » (Schildwirtschaft) et les « auberges à bouchon ».

 

 

Parlons d’abord des auberges à enseigne. L’autorisation d’ouvrir une auberge à enseigne était accordée par la seigneurie moyennant le paiement d’une taxe, appelée « Schildrecht » ou droit d’enseigne.

 

Le montant s’élevait annuellement à 30 livres que l’on pouvait régler en une fois ou mensuellement. La concession d’une enseigne était révocable, en fait elle dépendait du bon vouloir de la seigneurie.

 

Les aubergistes à enseigne devaient jurer d’exercer leur profession pendant au moins une année et de respecter scrupuleusement les articles du règlement.

 

Voyons maintenant le cas des « auberges à bouchon ». Celles-ci étaient tenues par des bourgeois qui y vendaient le vin de leur propre récolte. Là aussi, il leur fallait faire une déclaration à la seigneurie en début d’année en indiquant les quantités de vin qu’ils se proposaient de vendre et durant combien de temps.

 

La seigneurie accordait l’autorisation contre le paiement d’une taxe de 30 sols que l’on appelait « Straussenrecht » (Droit de bouchon).

 

Les aubergistes de cette catégorie signalaient alors leur établissement par un bouquet. On disait alors qu’ils « tendaient le bouquet » (Den Strauss ausstecken).

 

On les appelait les « Gassenwirth » (Hôtelier de rue) parce qu’à l’origine ils ne pouvaient vendre du vin qu’à emporter dans la rue. Quelquefois on trouve l’appellation « Winkelwirth » qui signifie « Hôtelier du coin » parce qu’ils n’avaient que peu de place dans leur maison pour accueillir leurs clients.

 

Bien que les aubergistes à bouchon n’étaient pas assermentés, ils étaient néanmoins tenus de respecter les règlements de la seigneurie. Il leur était, par exemple, interdit de servir à leur hôtes des repas chauds et de leur assurer le couchage.

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