Le comte de Cagliostro chez Pfeffel

Le comte Giuseppe Balsamo (Joseph Balsamo), dit Alessandro, comte de Cagliostro fut accueilli à Colmar en 1789 par le célèbre auteur alsacien Théophile Conrad Pfeffel .

Pour retrouver les circonstances ayant amené Cagliostro à Colmar, le livre écrit par Gabriel Braeuner nous sera fort utile car voici les informations que l’on pourra y trouver : « La réputation de guérisseur de Cagliostro incite Jacques Sarasin à confier son épouse Gertrude à ses soins, d’avril 1781 à novembre 1782. Pfeffel et son épouse lui rendent visite à Strasbourg en juin 1781. Cagliostro soigne alors non seulement Gertrude, mais aussi son fils Félix. Pfeffel, rencontrant Cagliostro au chevet du fils Sarasin, se déclare rempli d’un profond respect. Gagliostro a-t-il vraiment soulagé Gertrude Battier de ses maux ? Toujours est-il que son mari organise, en janvier 1782, à Strasbourg, une grande fête en son honneur, vivement appréciée par Pfeffel lui-même, si l’on en croit une lettre de cette période. Les talents de Cagliostro décident notre Colmarien à envoyer, à son tour, son épouse se faire soigner à Strasbourg, en mai 1782. A plusieurs reprises, par l’intermédiaire de Sarasin, Pfeffel lui témoigne son admiration et sa reconnaissance. Le 28 septembre 1789, le compte de Cagliostro, accompagné de monsieur de Planta, grand maître du cardinal-évêque de Strasbourg, rend visite à Pfeffel à Colmar. Le Fremdenbuch enregistre l’évènement. Peu de temps après, Cagliostro reprend la route. Ses impostures successives le rendent désormais suspect et lui ferment de nombreuses portes. Harcelé, poursuivi par tous ceux qui hier encore le célébraient, il trouve refuge à Bienne en 1787, grâce à Sarasin et à Pfeffel. Le 24 juillet 1788, Cagliostro, après une sombre affaire de duel, quitte précipitamment Bienne en pleine nuit. Revenu en Italie, il est jugé en 1791 comme franc-maçon et condamné à la peine de mort. Celle-ci est commuée en détention perpétuelle au fort de San Léone où il meurt en septembre 1795. »
Extrait du livre de Gabriel Braeuner « Pfeffel l’européen » Editions La nuée bleue 1994

 

Ce fut donc bien Théophile Conrad Pfeffel qui avait accueilli le comte de Cagliostro en 1789. Ce Conrad Pfeffel avait fondé en 1781 une école originale qu’il définissait ainsi : « Notre établissement n´est pas une école d´élite pour des soldats ou des commerçants, mais une pépinière pour tous ceux qui veulent émerger du vulgaire. » Cette Académie militaire était installée dans la propriété qu’il avait acheté en 1776 à la famille Chauffour. Elle est située à l’angle de la rue Pfeffel et de la rue Chauffour.

 

Son « Académie militaire », comme il l’appelait, connut un grand succès et attira 288 élèves en vingt ans. Une majorité de Suisses, des Allemands, des Français, des Russes, des Ecossais, des Suédois, et même un Américain. L´Europe se déplace à Colmar pour voir cette singularité : une école faussement militaire et rousseauiste dirigée par un poète aveugle.

 

En vingt ans, 2 198 personnes font le déplacement à Colmar et laissent leur nom et dédicacent dans le « Fremdenbuch » (sorte de registre des étrangers) du poète. Parmi eux 41 princes, 36 professeurs d´université, 28 avocats et juristes, 343 femmes. La liste est impressionnante. Jamais dans son histoire Colmar ne connaîtra une telle notoriété.

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