La maison « Au coq noir »

Tiens, c’est bizarre cette appellation utilisée pour désigner une des plus célèbres maison d’architecture Renaissance rhénane. Je croyais qu’il s’agissait de la « Maison Pfister » ?

 

Tentons d’éclaircir ensemble cette affaire. De quoi parlons-nous ?

 

De cette belle maison située à l’angle de la rue des Marchands et de la rue Mercière à Colmar.

 

Pour peu que l’on fouille les archives, on découvrira qu’en 1371, elle appartenait à un orfèvre nommé Rulmann. C’est ce que révèle le terrier ou censier (registre foncier contenant la liste de ses tenanciers et de leurs tenures avec les redevances et les services auxquels ils étaient astreints).

 

Il y figurait comme payant un cens de 2 livres et demie par an au Chapitre de la Collégiale Saint-Martin.

 

 

Le cens dont il est question était, au Moyen Age, une redevance fixe due à un seigneur ou propriétaire pour l’occupation d’une maison ou d’une parcelle de terre par celui qui l’occupait ou l’exploitait.

 

Plus tard, la maison fut divisée en deux parties. La partie inférieure fut appelée « Zu dem schwartzen hanen » (Au coq noir). Voilà l’origine de cette appellation. Cette partie fut occupée par Hanman zer Spangen.

 

Quant à l’étage supérieur, ce fut Henrich Hüttelin, originaire de Fribourg et responsable du Koïfhus, qui l’occupa entre 1412 et 1423.

 

Mais ce qui est le plus étonnant dans cette affaire, c’est que, lorsque ce Hanman zer Spangen fut admis à la bourgeoisie en 1409, brusquement le nom de cette partie de la maison fut changé en « Zum Roten Hanen » (Au coq rouge).

 

Le coq avait-il changé de couleur ? Le premier est-il mort et l’a-t-il remplacé ? Nous ne le saurons probablement jamais.

 

En 1474, ce fut au tour de Ludwig Hütelin d’obtenir le droit de bourgeoisie sur cette propriété.

 

(A suivre)

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