Le cartouche de 1574 SOLUTION

Avant de vous révéler la signification de ce cartouche de 1574, je dois vous donner quelques indications pour retrouver cette maison à Ribeauvillé. En remontant la Grand’rue dirigez-vous vers la « Halle aux Blés » qui se trouve Place de Bergheim.

 

Passez ensuite sous le porche de cette « Halle aux Blés ». Immédiatement sur votre gauche, vous devriez apercevoir la maison qui porte le n°35 de la rue.

 

Voilà la maison du tanneur Jacques Seckel.

 

 

Et oui vous aviez deviné qu’elle était habitée par un membre de cette profession grâce aux outils représentés dans le coin gauche du cartouche : deux racloirs en croix. On retrouve d’ailleurs ces mêmes symboles sur le linteau de la porte charretière assortis de la date « 1574 ».

 

L’atelier de tannerie était autrefois situé sur le « Stadtbach » qui traversait la ville et coulait jadis devant la « Halle aux Blés ».

 

 

Venons-en au texte qui déclare : « Als man zalt nach Christgeburt 1574 galt ein Füdder kellerwein al hie 82 gülden ». Si l’on traduit ce texte, il signifie « 1574 après la naissance du Christ, un foudre de vin valait 82 florins ».

 

La monnaie de l’époque c’était le « florin » mais malheureusement je ne suis pas en mesure de vous donner le cours du florin ni en francs ni en euros. Désolé ! Par contre un foudre de vin avait en moyenne une contenance d’environ 1072 litres. De quoi étancher une belle soif !

 

L’Alsace est un pays de viticulture mais çà vous le saviez déjà ! Je dis çà pour expliquer qu’il n’est pas étonnant de situer la valeur des choses en faisait référence au cours d’un foudre de vin.

 

C’est dans les caves d’un domaine emblématique qui remonte à 1639, à Riquewihr, qu’un foudre tricentenaire appelé « Sainte Catherine » est encore utilisé de nos jours depuis 1715.

 

Mais le plus grand foudre d’Europe, encore en service, se trouve à Ingersheim dans la Cave Jean Geiler. Il a une capacité de 35.400 litres et a été construit en 1888.

 

Qui a fait écrire ce texte ? Toujours dans le coin gauche, près des outils, on lit les initiales « I.S. » qui ne sont autre que celle du tanneur « Iakobus Seckel », Jacques Seckel.

 

Vous pourrez même connaître les initiales de son épouse Salomé Ortlieb « S.O. » sur le blason en forme de trèfle.

 

Avez-vous remarqué que les deux personnages de droite et de gauche tiennent chacun un livre dans la main ?

 

Quelle idée ce tanneur voulait-il nous communiquer ? Et bien que même si l’on était un couple de tanneurs on pouvait aussi éprouver le besoin de se cultiver à une époque où l’humanisme était en plein essor.

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