De bien étranges créatures !

Si vous jetez un coup d’oeil sur la façade Sud de l’église Sainte-Foy à Sélestat, vous apercevrez de bien étranges créatures.

 

 

Sous les arceaux sur lesquels repose la corniche, apparaît par exemple une sirène. Mais que vient donc faire une sirène sur la façade d’une église romane ?

 

 

Pour tenter une explication valable, il nous faut plonger dans l’histoire de cette église de Sélestat.

 

La construction de cet édifice se situe entre 1160 et 1180. A cette époque-là, les sculpteurs connaissaient les textes anciens et donc certains symboles et autres signes leur étaient familiers.

 

Leur source d’inspiration venaient souvent de la Bible.

 

Puis en se servant de modèles du monde humain, animal ou végétal, ils laissaient courir leur imagination pour représenter les choses du domaine spirituel.

 

 

Pour évoquer des vertus ou des vices et frapper l’esprit de ceux qui les verraient, ils faisaient appel à des créatures monstrueuses et terrifiantes. Ces figures, ces symboles avaient pour but d’enseigner au peuple chrétien l’importance des valeurs morales.

 

C’est ce que présente le « Physiologus », un bestiaire chrétien du IIe ou IVe siècle de notre ère, ouvrage qui a eu une influence considérable au Moyen Âge.

 

Saint-Augustin disait à ce propos : « L’important pour nous est de méditer la signification d’un fait et non d’en discuter l’authenticité ».

 

Ceci dit revenons à notre sirène.

 

Et bien, cette représentation mythique évoque souvent un maléfice car elle est en relation avec la séduction. Elle est souvent synonyme de sexualité débridée. La sirène avec sa tête et sa poitrine de femme séduisait les navigateurs par la beauté de son visage et la mélodie de ses chants, avant de les entraîner dans la mer pour s’en repaître.

 

A côté de cette sirène apparaît aussi un dragon.

 

Là l’interprétation semble plus facile, car le dragon évoque dans la Bible, Satan, l’opposant à Dieu. Dans cet exemple il est placé dans une posture plutôt inconfortable. Il ne représente rien de terrifiant mais plutôt une victime terrassée par la foi chrétienne.

 

 

A sa droite une espèce de cheval avec une forme étonnante. Il s’agit d’un onagre.

 

 

Dans la Bible, cet animal est mentionné comme étant un « âne sauvage » (Genèse 16 :12). C’est un animal du désert que le symbolisme chrétien présente comme l’emblème de la paresse, car il préfère les nuits fraîches aux jours chauds.

 

(à suivre)

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