La rue des Crânes

Lorsque l’on examine les archives de Saint-Jean, on découvre à propos de cette rue la mention « Schedelgasz » (rue des Crânes) et ce dès 1283.

 

Pour comprendre l’origine de ce nom, il faut se rappeler que dans cette rue s’élevait autrefois une chapelle dédiée à Saint-Jacques. Elle avait été construite au XIIIe siècle.

 

Et dans le sous-sol de celle-ci que se trouvait un ossuaire. On ne peut donc s’empêcher de relier cette appellation « Schädelgass » (rue des Crânes)  à ce lieu où étaient entreposés des milliers de crânes humains.

 

 

 

Mais où se trouvait donc cette chapelle Saint-Jacques ?

 

Comme nous venons de le remarquer, sous la chapelle se trouvait une salle voutée qui conservait les ossements mis à jour au moment où de nouvelles sépultures étaient creusées. Des squelettes, des crânes et autres reste humains furent entassés dans cette salle.

 

Un service religieux y était même célébré chaque matin dans cette chapelle. Les chroniques de l’époque ajoutent que ce n’est qu’à l’issue de cet office, lorsque la cloche sonnait, que les gardiens ouvraient les portes de la ville.

 

Ce fut le cas jusqu’en 1575, date à laquelle la Réforme protestante fut introduite à Colmar.

 

Un portail Renaissance sur la façade orientale du Corps de Garde atteste d’ailleurs cette date importante. On peut en effet lire sur le linteau la date « MDLXXV » (1575).

 

Ce fut à ce moment-là que l’on transforma cette chapelle en arsenal militaire et en Corps de Garde.

 

Puis en 1588 on fit murer la chapelle. On détruisit également le mur de clôture qui englobait la chapelle et la Collégiale.

 

Les ossements, qui se trouvaient dans le cimetière entourant la Collégiale, furent alors déterrés et déplacés dans autre lieu en dehors des murs de la ville, le « cimetière des pauvres » aussi appelé « Cimetière Saint-Anne ».

 

Finalement il fallut attendre 1858, pour voir le transfert complet des ossements et des crânes entassés dans l’ossuaire.

 

On peut encore vérifier l’existence de cette ancienne chapelle en se déplaçant soit dans la rue des Marchands, soit sur la place devant le Corps de Garde pour y apercevoir la croix en pierre au sommet du pignon oriental.

 

Si vous examinez la façade rue des Marchands, vous pourrez y discerner les traces (arc voutés) dans le mur.

 

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