L’auberge de l’Elephant

Voici une auberge de Ribeauvillé dont l’origine remonte au début du XVIe siècle.

Située au n°1 de la place de la Première Armée, elle était connue depuis 1522 sous la dénomination « Zum Helfant » (L’Eléphant). Il y est fait mention dans un acte de vente daté du 24 août de cette année-là.

 

Un menuisier du nom de Adam Kuber, achetait alors au fermier Jorg Vogelin cette maison de coin pour une somme de 15 schillings et une poule. Oui vous avez bien lu, une poule ! Surprenant n’est-ce pas dans un acte notarié ?

 

Cette poule correspondait tout simplement au loyer foncier dû à la Seigneurie.

 

Puis au fil des années, elle passa entre différentes mains, pas la poule bien sûr mais la maison. Mais son appellation « A l’éléphant » ne cessa jamais de l’accompagner.

 

Ce fut le 19 mars 1670 qu’André Beysser fit l’acquisition de l’auberge dite « A l’Elephant ». Il était alors lieutenant du roi des ménétriers en 1670.

 

En 1687, il fut nommé « gourmet » et administrateur du château seigneurial jusqu’en 1690. Il occupa quelques temps plus tard la fonction de fermier des revenus de la ville de Ribeauvillé puis conseiller en 1707.

 

Il fut même, l’année suivante, élu « Pfifferkànig » (Roi des ménétriers) des confréries de Thann, de Ribeauvillé et de Bischwiller. Il e

ut cinq enfants et beaucoup de petits-enfants.

 

Ce furent les enfants d’André Beysser qui entreprirent d’importants travaux sur cette auberge en 1742. C’est ce qu’atteste la date gravée sur la console de l’encorbellement sur la chaîne d’angle.

 

Parlons un peu de l’enseigne de cette auberge, à savoir « A l’éléphant ». Il faut garder présent à l’esprit que la concession d’une enseigne constituait un privilège très important qui pouvait être facilement révoqué.

 

 

On lui appliquait le principe « das Schildrecht is nur solang es der Herrschaft gefällt ».

 

Cela signifiait que « la concession d’une enseigne n’était valable que tant que cela convenait au bon vouloir de la Seigneurie ».

 

Comme vous le voyez, c’était une affaire très sérieuse.

 

D’ailleurs on obligeait même les aubergistes à prêter solennellement serment devant un magistrat. Par ce moyen ils s’engageaient à exercer fidèlement leur activité durant au moins une année tout en respectant parfaitement les articles du code des auberges.

 

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