L’enseigne d’un gourmet

Cette magnifique enseigne est suspendue dans une rue de Riquewihr. Elle fut peinte en 1928 d’après un dessin du célèbre dessinateur colmarien, Jean-Jacques Waltz.

 

La maison, sur laquelle apparaît cette enseigne, était autrefois une auberge communale. Elle avait appartenu jusqu’en 1574 à Conrad Ortlieb, un gourmet municipal.

 

Les « gourmets » faisaient partie d’une corporation qui devait son nom à l’ancien mot français « gourmet » ou « weinsticher » signifiant « courtier en vins » au XIVe siècle.

 

Ces « gourmets » étaient en fait des fonctionnaires assermentés, nommés par le « bailli » ou le magistrat de la Ville. Ils constituaient les intermédiaires obligés entre un producteur et un marchand de vin. Ils s’engageaient, sur le « salut de leur âme », de ne pas trafiquer eux-mêmes.

 

Pour bien les mettre en garde contre toute tentation de ce genre, il leur était même interdit, dans certaines localités, de servir de leur propre cru à leur table, quand il s’y trouvait un étranger.

 

Ce sont eux qui estimaient chaque année, aux environs de la Saint-Martin, le prix maximum des vins. Leur estimation officielle, contresignée par l’autorité civile, s’appelait le « Schlag » ou « Weinschlag ». Il avait force de loi pour les transactions commerciales de l’année courante.

 

Vous comprenez maintenant la symbolique qui apparaît sur l’enseigne suspendue dans la rue. On y distingue bien un personnage brandissant fièrement un verre et une bouteille de vin d’Alsace. Sur l’enseigne apparait l’étoile rappelant le nom de l’auberge ainsi que les armoiries de la ville. Et il y a même un escargot qui se promène sur l’enseigne.

Dans quelle rue et sur quelle maison peut-on voir cette enseigne ?

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