Les cours colongères d’Alsace

Au Moyen-Age, chaque village avait adopté une sorte de loi écrite, sous la dictée des paysans, qui régissait les institutions, les coutumes et les moeurs. C’est ainsi que l’on peut dénombrer en Haute-alsace plus de deux cents colonges.

 

Chaque village constituait en fait une véritable petite monarchie. Le pouvoir législatif et judiciaire appartenait à la communauté quant au pouvoir exécutif, il était confié à quelques fonctionnaire représentant ce petit état. Les autres étaient des délégués du peuple.

 

Le mot colonge qui vient du latin « colungia, colonica, colonia) se disait « dinghof » ou «  dinckhof » en allemand. Le mot « ding » signifiant assemblée, convention et « hof » désignant une cour.

 

On qualifiait donc par « colonge » une réunion de plusieurs paysans régis par une loi commune. Bien qu’ils dépendaient d’un même seigneur, ils formaient ensemble un tribunal dont les attributions étaient variées. Une colonge pouvait inclure un village entier voire plusieurs. Le nombre de membres composant une collonge était variable mais en général il se situait entre dix et vingt personnes.

 

Chaque colonge possédait sa propre constitution. On ne possède que deux ou trois textes de constitution antérieurs au XIIIe siècle de colonges d’Alsace, la plupart de documents datent du XIVe et du XVe siècle.

 

Elles étaient écrites sur de longs parchemins que l’on conservaient roulés, d’où le nom « rotules » (latin rotula). Sur ces rotules était inscrite la liste des colongers ainsi que les « cens » (redevances) dont chacun était redevable. Elles étaient généralement conservées dans les églises.

 

Voyons deux exemples de cours colongères se trouvant dans les environs de Colmar.

 

A Kientzheim, dans la vallée de Kaysersberg, on trouve encore la cour de l’abbaye de Lucelle, primitivement cour colongère du couvent Saint-Félix-Sainte-Régule. Cette cour occupait un grand terrain qui s’étendait de l’angle nord-est de l’enceinte jusqu’à l’hostellerie de la Couronne (détruite) au sud de la chapelle de pèlerinage.

 

Une autre cour colongère se situe à Turckheim dans la vallée de Munster. On peut encore voir l’immense portail qui mène au « Fronhof » (Cour domaniale de l’abbaye bénédictine de Munster).

 

L’origine de cette cour remonte au XIIIe siècle. Celle-ci incluait une chapelle dédiée à Sainte-Catherine.

 

Sur le linteau on peut apercevoir un curieux symbole, un globe avec une croix, des initiales « H.S. » et la date « 1580 ». C’est ainsi que l’on représentait l’autorité religieuse de la Cour Domaniale.

 

Toute cette propriété fut vendue à des particuliers après la Révolution, en 1790.

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