La numérotation des maisons

Pour celui qui examine des documents d’archives antérieures au XVIIIe siècle, il sera confronté au problème suivant : comment retrouver une maison alors que celle-ci ne comporte aucun numéro ?

 

Comment un promeneur de cette époque pouvait-il distinguer la maison qu’il recherchait parmi toutes les autres ?

 

Et oui, à cette époque-là il n’y avait encore aucun service des postes, et donc aucune nécessité de numéroter les maisons.

 

Quelle fut donc la raison pour laquelle on instaura une numérotation des maisons ?

 

Ce fut à l’origine pour des raisons militaires. En 1765, pour faciliter le cantonnement des troupes, on décida d’accrocher sur chaque maison une petite plaque en fer blanc avec un numéro correspondant au billet de cantonnement.

 

Mais il fallut attendre la Révolution pour voir l’apparition d’un comptage systématique et une numérotation soigneuse des maisons. La raison de cette opération visait à faciliter la répartition des communaux et d’effectuer des recensements des populations.

 

Depuis des siècles, les maisons étaient désignées par des marques distinctives comme les emblèmes de maison ou de cour, ou leur nom peint sur la façade.

 

Par emblème de maison on entend un signe distinctif identifiant la maison ou la demeure d’une famille.

 

La même problématique concernait les actes officiels, ventes ou achats de maisons. C’est ainsi qu’un propriétaire d’une maison apposait au bas des actes ce qu’on appelait un « hantgemal » (un signe dessiné à la main).

 

Ce mot fut appliqué à la fois aux biens et à la maison de famille concernés. C’est aussi ce « hantgemal » qui servait à régler les contestations de naissance qui pouvaient opposer deux individus prétendant être libres. Il fallait remplir cette condition pour devenir échevin « Schöffenbarfrei ».

 

 

Plus tard on vit apparaître des armoiries sur le porche des maisons, ce qui fit que la situation juridique se définissait maintenant par rapport au domicile et non à la maison de famille.

 

Si vous observez les linteaux de portes, là où n’apparait aucune armoirie, on a gravé en général les initiales du propriétaire de la maison assorties de divers décors en rapport avec l’activité professionnelle exercée.

 

On pouvait à partir de ce moment-là clairement identifier les propriétaires grâce à ce initiales qui figuraient dans les archives. Nombre de gens de cette époque étant analphabètes, pouvaient ainsi prouver leurs droits.

 

 

On trouvait également des maisons sur lesquelles étaient peintes ou gravées des noms tirés du monde animal ou végétal. C’était souvent le cas avec les auberges ou les pharmacies.

 

 

Mais il est vrai que cette pratique était plutôt propre aux quartiers animés mais absente des quartiers paysans.

 

Le seul problème que l’on rencontre en examinant d’anciennes archives, c’est que l’on rencontre des maisons qui portent le même nom. Mais c’est le problème auquel sont seulement confrontés les historiens.

 

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