Etranges mascarons !

Tout promeneur un peu curieux aura remarqué que sur de nombreuses façades et sur des fontaines apparaissent des visages humains tantôt effrayants, tantôt grotesques. En architecture on retrouve ce motif ornemental sur la clef d’une arcade, ou sur le linteau des portes et des fenêtres, on parle de « mascaron ».

 

Ce mot vient de l’italien « mascherone » qui signifie littéralement « grand masque grotesque ». Sa fonction originelle visait à chasser les mauvais esprits des habitations. Il apparaît en France au XVIe siècle avec les guerres d’Italie. On trouvera de nombreux mascarons dans toutes les grandes villes d’Europe.

 

Rappelons aussi que le mascaron remonte à l’Antiquité et provient de masques de théâtre comique ou tragique. Souvent le masque est représenté avec la bouche grande ouverte servant ainsi à l’acteur qui déclame un texte ou le chante. S’ils sont souvent grotesques, c’est parce que le théâtre a pour but d’accentuer la caricature ridicule ou tragique.

 

Victor Hugo en parlait ainsi : « Les mascarons du Pont-Neuf, ces cauchemars pétrifiés sous la main de Germain Pilon » (Hugo, Notre-Dame de Paris,1832).

 

Ou encore « Chacune de ces têtes si pittoresquement monstrueuses [des caricatures de Vinci], encadrée de quelque feuillage ou de quelque volute d’ornement, ferait un superbe mascaron crachant l’eau d’une fontaine » (Gautier, Guide Louvre,1872)

 

Voici quelques exemples de mascarons que vous trouverez sur nombre d’édifices de la région.

 

A Colmar, au n°1 de la rue des Boulangers il apparaît sur une porte. Il s’agit d’une étrange tête sculptée que certains interprètent comme étant une allégorie des Indes. Sur une inscription vous pourrez lire « Soli Deo Gloria 1752 » (La gloire n’appartient qu’à Dieu)

 

Place de la Cathédrale, sur un immeuble du XVIIe siècle qui porte le n°7. Une grosse tête de barbu est sculptée sur le linteau de la porte d’entrée d’une boutique.

 

N’oubliez pas d’aller voir la « Maison des Têtes » située 19 rue des Têtes. Elle offre une collection impressionnante de plus d’une centaine de mascarons différents sur sa façade.

 

 

Si vous passez à Strasbourg, là encore profitez-en pour découvrir une multitude de mascarons sur de nombreux édifices.

 

Par exemple sur l’Hôtel Hanau-Lichtenberg, situé 9 rue Brûlée, vous pourrez en voir de nombreux exemplaires, comme la tête de « Flore » ou du «  Printemps » couronnée de fleurs avec des mèches de cheveux nouées à l’antique.

 

 

Ou encore « Hercule » coiffé de la dépouille du lion de Némée symbolisant la puissance et la force.

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