Le comte de Cagliostro à Colmar

Giuseppe Balsamo (Joseph Balsamo), dit Alessandro, comte de Cagliostro, est un aventurier italien né à Palerme en Sicile le 2 juin 1743. Personnage mystérieux qui s’est rendu fameux au XVIIIe siècle, il adopte au cours de sa vie divers pseudonymes, notamment ceux de comte Pellegrini, Mélissa, Fenice, Hérat ou encore chevalier de la Sainte Croix, mais le nom qui fait sa renommée est celui de comte de Cagliostro, inspiré par le nom de sa marraine.

 

Il entre en 1756 au séminaire du couvent des Fatebenefratelli à Caltagirone, où il prend l’habit des frères de la Miséricorde, religieux soignants. Il y devient infirmier puis médecin. Mais il sera chassé rapidement de communauté d’accueil dès 1758 pour indélicatesses et escroqueries. Il quitte sa patrie et parcourt de 1764 à 1767 sous différentes identités la Grèce, l’Égypte, l’Arabie, la Perse, Malte, Naples, Rome, et presque toutes les villes de l’Europe.

 

Il acquiert de ses voyages la connaissance de quelques secrets alchimiques et médicinaux, et se fait une grande réputation par des cures merveilleuses. Le 21 avril 1768, il épouse à Rome , alias Seraphina, qui l’aidera dans ses escroqueries en séduisant les grands personnages que le couple rencontre, faisant de Cagliostro un proxénète.

 

Ce personnage singulier va même être accueilli à Colmar en 1789 par un célèbre auteur alsacien.

Quel est donc le nom de ce colmarien et où habitait-il ?

Les armoiries du « Munsterhof » (solution)

Pour apercevoir ces armoiries, il vous faut tout d’abord répérer la Cour « Munsterhof » qui correspond de nos jours la cour Waldner-Stéphan située au n°20 de la place de la Cathédrale.

 

Pénétrez dans cette cour en passant à proximité de l’arbre de Judée planté en 1791. Dirigez-vous ensuite vers le puits de 1581 situé au milieu de la cour.

 

Portez ensuite votre regard en direction du nord et vous apercevrez sur la façade d’un magasin, le fameux écusson recherché.

 

Ce fut l’abbé de Munster, Friedrich, qui fonda, avec l’accord de l’évêque de Bâle, le Chapitre Saint-Martin. Dans l’acte de fondation de la Collégiale Saint-Martin, l’abbé qui disposait du droit de patronage et de la dîme, se réservait aussi le droit de conférer l’investiture au prévôt élu par les chanoines.

L’enseigne du gourmet (solution)

L’enseigne du gourmet dont je vous avais parlé il y a quelques temps est celle de l’Auberge « A l’Etoile ».

Pour trouver cette auberge de l’« Etoile » il fallait remonter la rue du Général De Gaulle à Riquewihr et vous arrêter au n° 42 de cette rue.

Cet établissement fut reconstruit en 1686 par le maître charpentier Dors Dock et le menuisier D. Klinghot et décorée par le sculpteur Zacharias Wolfensperger, un suisse originaire de Zurich et qui résidait à Riquewihr depuis quelques années.

 

Puis en 1721, la ville revendit la maison qui sera utilisée en tant qu’auberge jusqu’en 1890.

Les armoiries du « Munsterhof »

Cet écusson en grès des Vosges représente les armes de l’abbé de Munster. Il reste encore visible sur le mur d’une maison faisant partie d’une cour que possédait cette abbaye depuis des siècles à Colmar.

 

Rappelons qu’en 634, un grand propriétaire terrien du nom de Richinus fit don d’une partie de ses possessions à l’abbaye de Munster. Il s’agissait notamment d’une cour dîmière appelée « Munsterhof » ou « Zehnthof ».

 

L’abbaye y avait installé un administrateur ecclésiastique chargé de gérer tous ses biens à Colmar.

 

Malheureusement, dans cette cour ne subsiste pratiquement rien de l’aspect des bâtiments de l’époque. En effet des nombreuses modifications sont intervenues au fil du temps. Il subsiste toutefois une preuve de l’existence de cette cour : un écusson.

 

A votre avis, où peut-on voir cet écusson sur lequel apparaît une crosse d’évêque stylisée entre les initiales « M.R. » ?

L’enseigne d’un gourmet

Cette magnifique enseigne est suspendue dans une rue de Riquewihr. Elle fut peinte en 1928 d’après un dessin du célèbre dessinateur colmarien, Jean-Jacques Waltz.

 

La maison, sur laquelle apparaît cette enseigne, était autrefois une auberge communale. Elle avait appartenu jusqu’en 1574 à Conrad Ortlieb, un gourmet municipal.

 

Les « gourmets » faisaient partie d’une corporation qui devait son nom à l’ancien mot français « gourmet » ou « weinsticher » signifiant « courtier en vins » au XIVe siècle.

 

Ces « gourmets » étaient en fait des fonctionnaires assermentés, nommés par le « bailli » ou le magistrat de la Ville. Ils constituaient les intermédiaires obligés entre un producteur et un marchand de vin. Ils s’engageaient, sur le « salut de leur âme », de ne pas trafiquer eux-mêmes.

 

Pour bien les mettre en garde contre toute tentation de ce genre, il leur était même interdit, dans certaines localités, de servir de leur propre cru à leur table, quand il s’y trouvait un étranger.

 

Ce sont eux qui estimaient chaque année, aux environs de la Saint-Martin, le prix maximum des vins. Leur estimation officielle, contresignée par l’autorité civile, s’appelait le « Schlag » ou « Weinschlag ». Il avait force de loi pour les transactions commerciales de l’année courante.

 

Vous comprenez maintenant la symbolique qui apparaît sur l’enseigne suspendue dans la rue. On y distingue bien un personnage brandissant fièrement un verre et une bouteille de vin d’Alsace. Sur l’enseigne apparait l’étoile rappelant le nom de l’auberge ainsi que les armoiries de la ville. Et il y a même un escargot qui se promène sur l’enseigne.

Dans quelle rue et sur quelle maison peut-on voir cette enseigne ?

L’homme sauvage de Turckheim

Cette enseigne, qui apparaît au n°19 dans la Grand’rue à Turckheim, appartient à une ancienne auberge connue sous l’appellation « Auberge de l’homme sauvage ».

 

Elle fut construite par la ville en 1609 pour y installer un magistrat appelé « gourmet ». Ce « gourmet » intervenait en tant que médiateur entre un acheteur et un vendeur de vin. Sur chaque quantité de vin vendue, il percevait une rétribution.

 

En observant attentivement l’enseigne vous pourrez distinguer un petit bonhomme chapeauté avec un verre à la main représentant certainement le gourmet en question.

 

Sur cette enseigne en fer-blanc apparaît un homme à la peau noire tenant une massue dans la main droite et une lance dans la main gauche. Sa tête est couronnée de plumes blanches. On y aperçoit aussi des palmiers et des tonneaux sous la forme de plantes exotiques.

 

Quelle signification faut-il donc attribuer à cette représentation ?

 

Nous pourrions bien sûr nous référer à ce que déclarait Jean-Jacques Rousseau en 1755, dans son « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes ». Il disait notamment : « Je le vois se rassasiant sous un chêne, se désaltérant au premier ruisseau, trouvant son lit au pied du même arbre qui lui a fourni son repas, et voilà ses besoins satisfaits.(…) l’homme sauvage sujet à peu de passions, et se suffisant à lui-même, n’avait que les sentiments et les lumières propres à cet état, qu’il ne sentait que ses vrais besoins, ne regardait que ce qu’il croyait avoir intérêt de voir, et que son intelligence ne faisait pas plus de progrès que sa vanité. »

 

Mais le peintre qui réalisa cette enseigne au début du XVIe siècle ne pouvait connaître ces écrits de Jean-Jacques Rousseau.

 

Il voulait peut-être nous faire comprendre que l’homme sauvage est libre et qu’il boit du vin. L’homme sauvage de Turckheim est donc un noir libre, mais qui malgré tout se tient sur ses gardes (sur la face tournée vers la Porte de Munster, on notera qu’il possède deux paires d’yeux). Il est également libre de toute morale chrétienne et de toutes ses impulsions.

 

Ce mythe de l’homme sauvage semble trouver son origine au Moyen-Age, car les documents qui le mentionnent datent du début du XIVe siècle.

Le losange et sa signification

Cette forme géométrique apparaît fréquemment sur les maisons alsaciennes et notamment sur les allèges des fenêtres. Le losange ou « Raute » (allemand), lorsqu’il est taillé sous forme de frises décoratives dans les plinthes, est destiné à cacher les sablières d’étage.

Notez qu’on retrouve aussi ce losange sur les murs des étables et des granges, sur les portails, sur les vantaux des portes d’entrée. Ce motif est également repris dans le décor du mobilier polychrome alsacien (armoires, bahuts, etc.)

S’il est vrai que la fonction du losange participe, avec le reste du colombage à la rigidité de l’ensemble d’un pan de bois, il a tout spécialement une très forte valeur symbolique.

 

L’origine de ce losange se retrouve dans très ancien alphabet runique scandinave. Rappelons que les runes (on dit une rune : nom féminin) sont des inscriptions utilisées par les Vikings et d’autres peuples germaniques pour rédiger des manuscrits ou graver des informations sur des pierres tombales.

Le plus ancien alphabet runique, le vieux futhark, était utilisé depuis le IIe siècle jusqu’au VIIIe siècle.

Il comportait 24 lettres, dont la vingt-deuxième rune est appelée Ingwaz.

C’est justement celle qui a la forme d’un losange.

 

Dans la symbolique traditionnelle indo-européenne, c’est le symbole de la féminité et de la maternité, combinant d’une part le contenant, le ventre materne, et d’autre part son contenu à protéger, l’enfant. Il désigne donc un contenu que l’on veut protéger mais il est aussi interprété comme un symbole de la fécondité.

 

Cela peut signifier que l’on souhaite une descendance mâle pour assurer la pérennité de l’exploitation. Lorsqu’on le trouve sur une étable, cela peut exprimer l’espoir d’avoir de nombreux veaux. Sur une grange il représente l’espoir d’engranger des récoltes importantes.

On rencontre fréquemment une combinaison du losange avec une croix de Saint-André « durchkreutze Raute ». Là encore elle signifie que les propriétaires de la maison espèrent une nombreuse descendance. C’est une invocation pour obtenir une double bénédiction de la fécondité familiale !

 

Une aventure historique

Saurez-vous trouver le chemin qui vous mènera de Turckheim à Kaysersberg ?

Serez-vous suffisamment perspicaces pour résoudre les 180 énigmes qui jalonnent ce chemin ?

 

Si vous pensez répondre par l’affirmative, alors il ne vous reste qu’à vous lancer à l’aventure !

Venez découvrir en famille ou entre amis de nombreuses curiosités historiques.

 

C’est un jeu de piste ou rallye touristique qui fait appel avant tout à l’observation, à l’imagination.

L’itinéraire est d’environ une dizaine de kilomètres à parcourir, en voiture, en vélo et bien sûr à pied. En effet, c’est « pedibus cum jambis » que se fera l’essentiel du chemin.

 

Venez découvrir «  LE CHEMIN AUX ENIGMES »

au Salon du Livre de COLMAR

PARC DES EXPOSITIONS  (Entrée gratuite)

Stand 301  Hall 3 COULOIRS DU TEMPS.

le 24 et 25 novembre 2018

 

Bonne découverte !

La chaise curule

Dans le descriptif d’une maison alsacienne vous trouverez fréquemment le mot « chaise curule » et vous vous demandez à quoi peut bien ressembler une telle chaise.

 

Ce terme désigne un siège romain dont deux bras sont incurvés en S. On a appelé ce siège ainsi car il était réservé à une catégorie bien particulières de la population : des magistrats dits curules parmi lesquels on comptait les consuls, les proconsuls, les préteurs, les propréteurs, les édiles, etc. Voilà pourquoi la chaise « curule » devint le symbole du pouvoir judiciaire.

 

Le siège était à l’origine en bois, puis en métal, voire en bois revêtu du bronze avec des ornements d’or ou d’argent.

 

Plus tard, cette forme fut utilisée dans l’architecture des maisons. C’est ainsi qu’elle évoquait la demeure d’un personnage important auquel on avait concédé des égards et des privilèges particuliers : un échevin, un « schultheiss », un magistrat ou un juge.

 

Lorsqu’une ou plusieurs chaises « curules » apparaissent sur une maison alsacienne, c’est très souvent l’indication qu’un personnage important y résidait.

 

La prochaine fois que vous vous promènerez dans un village de la route du vin,  vous verrez de nombreuses « chaises curules » sur les façades des maisons alsaciennes.

Le corbeau qui ne vole pas

Le Corbeau, voilà un élément d’architecture que vous trouverez fréquemment sur nombre de maisons alsaciennes.

Rien à voir avec les diverses espèces de Corvidés à plumage noir.

Il s’agit d’un élément en pierre ou en bois saillant sur un mur. Il servait d’assise d’un parement extérieur ou permettait de porter un plancher en bois ou d’autres structures. On l’appelle quelquefois « assise de corbeau ».

 

Il est utilisé pour supporter un toit, une corniche, un élément en encorbellement (l’un et l’autre sont issus de l’ancien français « corbel » qui désigne le corbeau l’oiseau qui se perche en haut de mur ou sur un avant-corps.

A ce rôle de support, le corbeau peut ajouter un rôle décoratif. Il est de ce fait fréquemment sculpté et galbé en forme de S inversé. La partie non enroulée s’appelle la face.

La console est parfois double, avec un effet de plissé sur un corps de moulures. Elle est aussi ornée avec des imbrications, des « glyphes » (Inscription ou trait gravé en creux) ou des figures variées.

Il faut préciser que la console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes. Elle sert généralement à soutenir une structure comme un oriel, une logette ou un balcon. Le corbeau étant un élément peu saillant il soutient une corniche, un linteau ou une poutre.