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Les tanneries en Alsace

Les tanneries étaient souvent situées près d’une rivière ou d’un cours d’eau car les lavages successifs demandaient beaucoup d’eau. La proximité avec les lieux d’élevage d’animaux permettait un approvisionnement garanti en peaux.

 

Ces peaux animales provenaient pour l’essentiel de boeufs, de vaches, de veaux, bien que l’on utilisait aussi des peaux de chèvres, de mouton voire plus rarement de peaux d’ânes ou de chevaux.

 

Après réception par le tanneur, les peaux étaient salées en vue de leur stockage.

 

 

 

Ensuite elles étaient lavées pour les débarrasser du sel et pour les ramollir. Il fallait ensuite plonger ces peaux dans un bain de chaux afin de pouvoir enlever les poils, cette opération était appelée « pelanage ».

 

Puis le « drayeur » plaçait les peaux sur un sorte de chevalet et à l’aide d’un boutoir (sorte de grande lame munie de deux manches) il grattait les résidus de chair et les poils.

 

L’étape suivante consistait à nettoyer les peaux à l’aide d’un outil en forme de disque tranchant pour les nettoyer de manière plus approfondie. Ensuite seulement intervenait l’opération de tannage proprement dite.

 

On plongeait les peaux dans de grandes cuves contenant du « tanin » (poudre extraite de l’écorce de chêne). Cela pouvait prendre plusieurs mois selon la qualité du cuir que l’on voulait obtenir.

 

C’est pour cela que les tanneurs  disaient « pour faire un bon cuir il faut du tan et du temps. »

 

Les peaux subissaient encore de nombreuses opérations menées par un « corroyeur » qui demandaient elles aussi de fréquents rinçages à l’eau.

 

Ce n’était qu’après ces nombreux traitements (teinture, séchage, débridage, etc.) que l’on entreprenait le finissage qui visait à donner de la souplesse au cuir.

Faut-il donc s’étonner que l’on situait immédiatement le quartier des tanneurs dans un ville ou un village ?

 

L’odeur caractéristique qui flottait en permanence dans l’air provenait à n’en pas douter des innombrables peaux que les tanneurs faisaient sécher.

 

Les familles de tanneurs appartenaient en général à la petite bourgeoisie marchande. Une entreprise familiale comptait en général de un à quatre ouvriers en plus du patron.

 

Le travail était rude, aussi bien à la rivière que dans les ateliers mal fermés et non chauffés. Les peaux chargées de chaux étaient manipulées en partie à pleines mains. Bonjour les gerçures ! Les fosses étaient dans la cour, à ciel ouvert.

 

 

Ensuite ces peaux étaient mises à sécher sous les toits. Odeurs pestilentielles et poussières de tan ont contribué très vite à rendre les tanneries indésirables dans le centre des villes.

 

Les maisons de tanneurs se distinguent facilement grâce aux niveaux de grandes lucarnes fermée par des volets, qui en fait constituaient les séchoirs à peaux.

Voilà peut-être une explication à la disparitions des tanneurs dans nos villages !

Les fortifications de Colmar

Au XIIIe siècle les villes en Alsace se différenciaient des villages par une certaine administration autonome qui leur conférait le statut de « civitas ».

 

Ce fut donc en 1226, que Colmar fut élevée au rang de ville. Wölfelin, le « schultheiss » (écoutète) impérial de Haguenau fut alors chargé par l’empereur Frédéric II d’entourer par un mur d’enceinte le gros bourg qu’était devenu Colmar.

 

Quelle était donc l’importance de ce mur d’enceinte ? On ne trouva jamais de plan qui aurait servit à Wölfelin. Mais il est tout de même possible de s’en faire une idée assez précise en se basant sur des indications postérieures à l’époque de sa construction.

 

Ainsi on peut se référer à une gravure de 1673 qui présente une vue des fortifications avant que Louis XIV n’ordonna le démantèlement des remparts.

 

Ainsi, les murs primitifs de l’ancienne enceinte partaient de l’« Oberhof » (Prieuré de Saint-Pierre) à la rue du Manège, puis par la place des Six Montagnes Noires en direction de la rue Saint-Jean jusqu’au niveau du Collège Victor Hugo.

 

Elle traversait poursuivait en passant par l’arrière de l’ancien Hôpital et l’église Protestante Saint-Matthieu pour se rapprocher de la place Jeanne d’Arc.

 

Elle longeait ensuite le fossé que formait le « Schlüsselbächlein » (ruisseau des Clefs) puis se prolongeait vers la Bibliothèque municipale (près du Cloître des Dominicains) et se dirigeait ensuite vers la rue des Boulangers et continuait par le boulevard du Champ-de-Mars pour rejoindre à nouveau l’« Oberhof ».

 

Cette première enceinte était longue d’environ 2 kilomètres et mesurait entre 7 et 8 mètres de haut.

 

Trois portes ouvraient vers l’extérieur. Il y avait la « Steinbruckertor » (place des Six Montagnes Noires), la « Deinheimtor » (Grand’rue) et enfin le « Kerkertor » (rue des Boulangers).

 

Il faut aussi noter les portes placées à deux extrémités sur la Lauch (rivière à l’Est de Colmar). En fait, il s’agissait de grilles (en allemand gatter) ou herses que l’on abaissait tout les soirs sur  la rivière pour empêcher toute tentative de pénétration dans la ville.

 

Ainsi la « grille supérieure » se situait au niveau de la rue de la Herse et protégeait l’entrée en ville de la Lauch. La « grille inférieure » ou « grille des pêcheurs » assurait la protection du quartier derrière les jardins de l’ancien Hôpital.

 

La canonnière qui se trouvait sur le cours de la Lauch au niveau de la rue Schwendi était encore visible à cet endroit avant 2016, date à laquelle la ville de Colmar a tout simplement procédé à sa destruction.

 

Cependant Le mur d’enceinte qui longe la Lauch est toujours visible.

 

Quant aux trois autres portes elles ont également disparu au fil des siècles.

 

Par contre subsistent encore des parties du mur d’enceinte Boulevard Saint-Pierre près de la tour octogonale appelée « Henckersturm » (tour du bourreau). Ce mur est situé sur l’autre rive de la Lauch en face de cette tour.

 

Un autre tronçon de ce mur apparaît rue de l’Est à l’endroit où l’école maternelle Oberlin a été construite sur les vestiges d’une ancienne plateforme d’artillerie.

 

On avait élevé à cet endroit une colline artificielle pour y installer des canons. Ce cavalier de fortification était appelé « Sigels Cavalier ».

 

Une autre partie du mur d’enceinte apparaît boulevard du Champ-de-Mars au niveau de l’école de Musique.

 

Découvrez encore de nombreux aspects de Colmar dans le Guide « Colmar, circuit de visite ».

L’auberge de l’Elephant

Voici une auberge de Ribeauvillé dont l’origine remonte au début du XVIe siècle.

Située au n°1 de la place de la Première Armée, elle était connue depuis 1522 sous la dénomination « Zum Helfant » (L’Eléphant). Il y est fait mention dans un acte de vente daté du 24 août de cette année-là.

 

Un menuisier du nom de Adam Kuber, achetait alors au fermier Jorg Vogelin cette maison de coin pour une somme de 15 schillings et une poule. Oui vous avez bien lu, une poule ! Surprenant n’est-ce pas dans un acte notarié ?

 

Cette poule correspondait tout simplement au loyer foncier dû à la Seigneurie.

 

Puis au fil des années, elle passa entre différentes mains, pas la poule bien sûr mais la maison. Mais son appellation « A l’éléphant » ne cessa jamais de l’accompagner.

 

Ce fut le 19 mars 1670 qu’André Beysser fit l’acquisition de l’auberge dite « A l’Elephant ». Il était alors lieutenant du roi des ménétriers en 1670.

 

En 1687, il fut nommé « gourmet » et administrateur du château seigneurial jusqu’en 1690. Il occupa quelques temps plus tard la fonction de fermier des revenus de la ville de Ribeauvillé puis conseiller en 1707.

 

Il fut même, l’année suivante, élu « Pfifferkànig » (Roi des ménétriers) des confréries de Thann, de Ribeauvillé et de Bischwiller. Il e

ut cinq enfants et beaucoup de petits-enfants.

 

Ce furent les enfants d’André Beysser qui entreprirent d’importants travaux sur cette auberge en 1742. C’est ce qu’atteste la date gravée sur la console de l’encorbellement sur la chaîne d’angle.

 

Parlons un peu de l’enseigne de cette auberge, à savoir « A l’éléphant ». Il faut garder présent à l’esprit que la concession d’une enseigne constituait un privilège très important qui pouvait être facilement révoqué.

 

 

On lui appliquait le principe « das Schildrecht is nur solang es der Herrschaft gefällt ».

 

Cela signifiait que « la concession d’une enseigne n’était valable que tant que cela convenait au bon vouloir de la Seigneurie ».

 

Comme vous le voyez, c’était une affaire très sérieuse.

 

D’ailleurs on obligeait même les aubergistes à prêter solennellement serment devant un magistrat. Par ce moyen ils s’engageaient à exercer fidèlement leur activité durant au moins une année tout en respectant parfaitement les articles du code des auberges.

 

SALON DU LIVRE DE COLMAR 2019

Salut les amis, si vous êtes dans les parages, venez me retrouver sur le

 

SALON DU LIVRE DE COLMAR du 23 au 24 novembre 2019.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je serai présent sur le stand 301 « Les Editions Couloirs du Temps » situé dans le Hall 3 du parc des Exposition de COLMAR à côté des Editions REBERT.

 

Vous pouvez venir soit le samedi à de 9 h à 19 h, soit le dimanche de 9 h à 18 h.

L’entrée est gratuite !

J’aurai l’occasion de vous présenter deux nouvelles aventures historiques :

  • le Chemin aux Enigmes
  • le Circuit aux Enigmes de Colmar.

Ainsi que les autres guides de la collection « Les Couloirs du temps ».

 

A bientôt !

Paul-André BECHLER

Les monstres de la Collégiale

En passant près de la Collégiale Saint-Martin à Colmar, n’hésitez pas à lever la tête pour les repérer. Elles sont là silencieuses depuis des siècles, je veux parler des « gargouilles ».

 

Mais que désigne au fait ce mot ? Ce terme « gargouille » vient du latin « garg » qui signifie « gorge » et de l’ancien français « goule » qui veut dire « gueule ».

 

Elles firent leur apparition au début du XIIIe siècle. Elles avait pour but d’améliorer l’évacuation des eaux de pluie qui jusque-là se déversaient directement sur la voie publique.

 

Les gargouilles sont en général en pierre. Elles apparaissent souvent sous la forme de figures animales ou humaines grotesques.

 

Et, contrairement à la représentation des saints, qui était tenue à des formes hiératiques (c’est-à-dire conforme à un style imposé), leurs créateurs pouvaient donner libre cours à leur imagination. Et ils ne s’en privèrent pas !

 

Les gargouilles les plus célèbres se trouvent sur les corniches supérieures de Notre-Dame de Paris.

Il n’existe pas deux gargouilles identiques en France selon ce que déclare l’architecte Eugène Viollet-le-Duc. D’ailleurs cette étonnante diversité ne facilite pas leur interprétation.

 

On peut cependant distinguer plusieurs types de gargouilles.

 

Il y les gargouilles de forme animale qui datent pour la plupart du XIIIe siècle. Elles sont représentées dans différentes postures, soit combattant ou dévorant un autre animal ou un humain.

 

 

Il y a ensuite les gargouilles humaines, dont les attitudes immorales voire obscènes, représentent un large catalogue des vices et de défauts de l’humanité.

 

Quant à leur interprétation c’est là une question difficile à résoudre. On peut cependant affirmer que la religion chrétienne à cherché un moyen pour rappeler aux croyants que le Mal constitue leur pire ennemi. Les gargouilles constituent un moyen d’éloigner à cette époque, tout ce qui était considéré comme malin ou démoniaque. Certains racontent que les gargouilles hurlent à l’approche du Malin.

 

Ces difficultés auxquelles se heurte l’interprétation des gargouilles a été mise en relief par Joris Karl Huysmans en 1898. Dans son livre, « La Cathédrale », il décrit en détail l’architecture et surtout la décoration sculptée et vitrée de Notre-Dame-de-Chartres, en particulier sous l’angle symbolique.

 

Ainsi il déclare : « sur cette terre tout est signe, tout est figure, le visible ne valant que par ce qu’il recouvre d’invisible » (XVI, p. 325).

 

 

 

Voici ce que déclarent P.O. Dittmar et J.P. Ravaux dans leur étude sur la « Signification et valeur d’usage des gargouilles : le cas de Notre-Dame de l’Epine ».

 

« Il semble donc que l’animalité et surtout l’humanité soient représentées dans les gargouilles sous une forme largement négative et cela dans une visée moralisatrice. Le discours qu’elles tiennent via la pratique et les déformations de leurs corps participent d’un usage du contre-modèle très important au Moyen Âge. C’est probablement parce que cette vertu pédagogique du mauvais exemple a presque totalement disparue après le concile de Trente que nous avons tant de mal à comprendre la place des images outrageantes au chevet d’un lieu sacré ».

Décors des poteaux corniers

Le poteau cornier est non seulement une pièce maitresse de l’ossature des maisons alsaciennes, mais aussi un élément qui est l’objet de nombreuses décorations.

 

Un poteau cornier désigne une pièce de bois posée verticalement dans l’angle d’une charpente et sert de pièce maîtresse réunissant les pans de bois qui viennent se relier à elle ainsi que les sablières de chaque étage.

 

Le poteau cornier aussi appelé « Eckpfoschta » (Poteau d’angle) est sculpté dans un style Renaissance ou baroque. Il peut également prendre la forme d’une colonne droite, ou encore sous l’aspect d’une torsade ou d’une vis.

 

Quelquefois, le poteau cornier est sculpté et représente un personnage.

 

Son décor indique la plupart du temps le statut social de l’occupant. Soit il s’agit d’un personnage important et influent de la société habite cette maison ou encore d’une profession particulière.

 

Ces poutres disposées aux angles de la maison présentent divers motifs : une colonne droite, torsadée ou à vis, certaines représentent un personnage.

 

On peut parfois observer sur le poteau cornier une inscription dans un cartouche avec la date de construction, les initiales des propriétaires et un message.

 

Dans tous les cas, il indique le statut social de l’occupant, personne influente dans la société. Par contre, ce que vous ne verrez pas, c’est l’emplacement du poteau cornier à l’intérieur de la maison.

 

Sur certains poteaux corniers on trouve aussi des monstres grimaçants. Les thèmes sont d’une grande diversité : feuillages, représentations humaines ou mythologiques.

 

Le poteau cornier peut également servir d’enseigne et signaler une échoppe, une profession au passant, le plus souvent illettré et qui n’a pas beaucoup d’autres points de repère dans la rue.

 

 

 

On peut aussi observer sur le poteau cornier une inscription dans un cartouche avec la date de construction, les initiales des propriétaires ainsi qu’un message visant à attirer la protection divine sur la maison et ses habitants.

 

On peut aussi ajouter à cette description un détail que vous ne verrez pas.

 

 

En effet, à l’intérieur de la maison c’est l’emplacement du poteau cornier dans l’encoignure de la chambre que se trouvait traditionnellement le « Herrgottwenkel » (coin du Bon Dieu). On y accrochait un crucifix et d’autres objets de piété tels des missels ou des bibles.

Échauguettes et oriels

Voici un élément de décor présent sur de nombreuses maisons alsaciennes. Je veux parler de l’« oriel ».

 

C’est une sorte de balcon clos ou de loggia apparaissant sur une façade ou encore sur l’angle d’une maison. Il s’agit en fin de compte de l’héritier de l’échauguette des anciens châteaux forts du Moyen-Age.

 

Le mot « échauguette » désignait à l’origine, la sentinelle mais aussi le poste chargé de la garde.

 

On disait alors « escargaiter » pour garder, épier, surveiller.

 

A partir de la fin du XIIIe siècle, les portes étaient dotées d’échauguettes en encorbellement couronnant l’entrée.

 

Pendant les XIVe, XVe et XVIe siècles, les petites loges destinées aux sentinelles étaient appelées « garite, escharguettes, pionnelles » ou encore « escarittes, maisoncelles, sentinelles, hobettes ».

 

 

Les « échauguettes » de forme carrée ou cylindrique étaient placées aux angles des défenses principales. Elle étaient souvent couvertes et même munies de cheminées.

 

 

Mais revenons à notre oriel. Son emplacement sur la façade ou sur un angle, permettait une vue multidirectionnelle de la rue et un meilleur éclairage de la pièce grâce à deux, trois ou quatre baies vitrées. Un oriel peut s’étendre quelquefois sur plusieurs étages de la maison.

 

Étymologiquement le mot « oriel » viendrait de l’anglo-normand « oriell », et du latin post-classique « oriollum » (porche ou galerie), qui pourrait aussi provenir du classique « aulaeum » (rideau).

 

En allemand on le désigne par le mot « Erker » et en anglais par « bow window ».

 

Certains « oriels » servaient aussi d’oratoire domestique. Il était fréquemment ménagé dans les riches habitations à l’époque du Moyen âge, dans laquelle le chef de famille ou un hôte de distinction se tenait pour prier. On a même trouvé un petit autel dans certains oriels.

De curieux oculi

« Oculus » ou « Œil de Bœuf » voilà comment on désigne ce type d’ouverture qui apparaît dans le pignon de certains édifices.

 

Le mot « oculus » vient du latin qui signifie « œil » et dont le pluriel est « oculi ».

 

Il faut noter que dans l’art gothique cet « œil » de pierre s’agrandit pour devenir une rosace.

 

 

Ce genre d’ouverture apparaît également au centre de nombreuses coupoles dans les basiliques latines. Elle permettait de hisser les cloches dans le clocher.

 

On a même trouvé des « oculi » aménagés dans le mur de certains édifices catholiques.

On parle dans ce cas de « hagioscopes » dont l’étymologie est la suivante : « hâgios » (saint) et skopéô (observer ).

 

Ce type d’ouverture permettait aux lépreux et à d’autres personnes non désirables de suivre un service religieux sans entrer en contact avec le reste de la population. Elle pouvait être munie d’une vitre ou d’une grille.

 

On trouve plusieurs « oculi » sur des édifices à Colmar. Il y a en a un sur la Maison des Têtes et un autre sur la maison Kern.

 

Il y en même deux autres qui suscitent de nombreuses polémiques quant à leur signification.

 

Si vous examinez la maison « Saltzkasten » place du Marché-aux-fruits, vous y verrez un personnage qui sort son buste de l’oculus et porte son regard vers la rue des Augustins. Que cherche-t-il ?

 

Non loin de là, dans la Grand’rue, se trouve la Maison du Commandant.

 

Dans cet oculus, placé dans le pignon, vous pourrez apercevoir un personnage tenant de sa main droite une tête de mort.

 

Quelle est la signification de cette mise en scène plutôt macabre ?

 

Pour obtenir davantage d’informations voir « COLMAR – Circuit de visite »

 

Le gratte-ciel de 1561

Chers amis, vous avez bien lu, je parle effectivement d’une maison de Ribeauvillé que l’on surnomme « gratte-ciel alsacien ».

 

Il n’y a donc pas qu’à New York où l’on peut voir des immeubles de ce genre. En Alsace nous avions déjà ce genre de construction dès le XVIe siècle.

 

Cette maison imposante édifiée en 1561 se trouve dans la rue du Général De Gaulle et porte le n°14. Il suffit de lire l’inscription figurant sur l’arc de la porte d’entrée du pressoir.

 

 

La taille de cette maison est impressionnante car avec ses cinq niveaux en pan de bois son pignon culmine à une hauteur d’environ 25 mètres lui valant le surnom de « gratte-ciel alsacien ».

 

La porte d’entrée en façade détruite en 1944 a été reconstituée à partir d’une porte rapportée d’un village proche, Bergheim.

 

Elle possède un fronton cintré à coquille sur lequel apparaît un écu « buché ».

 

Sur celui-ci figuraient jadis un aigle et une inscription gravée dans la pierre mais le texte partiellement effacé est illisible.

 

 

 

 

Vous trouverez encore bien d’autres détails dans le livre

 

“Les Couloirs du temps de RIQUEWIHR” disponible sur le site www.couloirs-du-temps.com

L’autel de la Liberté 1790

Ce fut en 1789 que les bourgeois de Riquewihr présentèrent leurs « cahiers de doléances » dans lesquels ils exigeaient que la plantation des vignes soit interdite dans la plaine d’Alsace.

 

Leur argument principal justifiant cette interdiction fut d’empêcher que « le prix du blé n’atteignit pas des prix trop élevés » et que la production viticole trouve de meilleurs débouchés.

 

Ils souhaitaient également que l’on limita le nombre de brasseries, car disaient-ils « la bière constitue un concurrent dangereux pour le vin ». En outre ils réclamaient que l’on rétablisse l’égalité devant l’impôt (Oui déjà à l’époque !).

 

Ces demandes avaient été formulées en juillet, mais l’ambiance changea rapidement au mois d’août. Les bourgeois ne se contentèrent plus de réclamer l’égalité devant les impôts perçus par les seigneurs, mais ils exigèrent carrément leur suppression de même que l’abolition de la dîme et de bénéficier du libre usage des biens communaux.

 

Très vite des affrontements opposèrent ceux qui prônaient ces nouvelles idées à ceux qui étaient partisans des anciennes idées. Ce fut ainsi que Jacques Frédéric Titot défendit les anciennes idées des Wurtemberg face à Jean Michel Ellès, virulent partisan révolutionnaire. Au final, ce fut donc Frédéric Titot qui l’emporta le 18 mai 1790.

 

 

Les esprits se  calmèrent quelque peu pour la célébration de la  le 14 juillet de cette année. Ce fut à cette occasion que l’on dressa un « Freyheitsaltar » ou « Autel de la liberté » sur le rempart Est de la ville.

 

Cet autel est actuellement placé dans le jardin créé au pied du château de Wurtemberg dans la partie basse de la ville.

 

Outre cet autel de la liberté, qui constitue une pièce unique au milieu de ce jardin, on peut encore  apercevoir  différents sarcophages mérovingiens,  pierres tombales et autres éléments décoratifs gothiques et Renaissance.

 

L’aumônier des gardes nationaux catholiques, P. Bernard célébra d’abord sur cet autel une messe après quoi le surintendant Frédéric Titot prononçât un sermon pour les habitants de religion protestante. Enfin le syndic Schmid clôtura la manifestation par un discours patriotique.

 

Entre les différents protagonistes semblait régner un parfait accord. Ce fut du moins l’impression que l’on pouvait avoir à ce moment-là.

 

En effet, l’année suivante, lors d’une session du Conseil municipal, le surintendant Titot se plaignit de menaces proférées à son encontre parce qu’il persistait, comme il l’avait fait dans le passé, a prononcer dans la prière du culte le nom de la maison de Wurtemberg.

 

L’opposition vint principalement de la part de membres de « Amis de la Constitution » récemment crée, dans le but de « donner à la vérité une puissance illimitée, de faire pénétrer dans les coeurs l’amour de la patrie et de la liberté, le respect de la loi et la haine de la tyrannie ».