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Le puits à six seaux

Ce fut après la Guerre des Paysans en 1525 que l’Alsace connu à nouveau une période de calme et de prospérité. Ainsi, les villes de la Décapole alsacienne, dont faisait partie Obernai, se mirent frénétiquement à construire et à s’embellir.

 

Ce fut durant cette période que la Ville ordonna la construction d’un magnifique puits Renaissance, connu sous le nom de « Puits au six seaux » ou « Sechseimer-brunnen ». Il sera réalisé en 1579 par un groupe d’artisans strasbourgeois.

 

Ce puits circulaire possède une margelle de grès surmontée par un baldaquin octogonal recouvert de cuivre et supporté par trois fines colonnes sculptées. Les proportions du puits, son décor en font un puits vraiment exceptionnel.

 

Plusieurs cartouches reproduisent des extraits de l’évangile de saint Jean. Parmi celles-ci on retrouvera la rencontre que fit le Christ avec une Samaritaine au puits de Jacob ainsi qu’une partie de ce qu’il expliqua un peu plus tard au lac de Tibériade à propos du « pain de vie ». Le toit du puits possède deux gargouilles en cuivre ainsi qu’une girouette au sommet.

 

Voici ce qu’on peut lire sur le cartouche côté Nord « JHESUS aber sprach : Ich bin das Brott des lebens wer Zu mir kümbt der würt nicht hungern und wer an mich glaubt der würt nimmer mehr dürten ». Ce qui correspond à la citation de l’évangile de Jean 6 :35 qui déclare : « Jésus leur dit: Je suis le pain de vie. Celui qui vient vers moi n’aura jamais faim, et celui qui exerce la foi en moi n’aura jamais soif ».

 

Sur le cartouche côté Sud on peut lire : « JHESUS sprach zum Samaritischen Weib, Wann du erkantest die Gab Gottes und wer der ist der zur dir sagt : gib mir trinken, du batest in und er gab dir lebendiges Wasser ».

Ce texte reproduit ce que l’on trouve dans l’évangile de Jean 4:10 : « Jésus lui répondit: Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit: Donne-moi à boire! C’est toi qui lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive » .

 

Et enfin sur le troisième cartouche on trouve le texte suivant : « JHESUS antwurt zu den heydenschen weib, wer dises Waszers trinkt den wird wider dursten, wer aber das Waszer trünken würd das Ich im geb, der wurt Ewiglich nich mehr dursten ».

Jean 4 :13,14 rapporte ce que  ce que « Jésus lui répondit: Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura jamais soif, et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour communiquer la vie éternelle » .

 

 

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Malheureusementce puits, qui pourtant traversa les siècles sans encombres, ne résista pas au camion qui le percuta en 1970 et le réduisit en morceaux quatre cents ans après son érection !

Mais les habitants d’Obernai et la municipalité tenaient beaucoup à ce puits séculaire, aussi décidèrent-ils rapidement de le reconstruire à l’identique.

Enfin rapidement est plus une façon de parler qu’une réalité. Il fallut tout d’abord passer par la phase administrative, récupérer tous les morceaux de puits, analyser leur état, puis après étude lancer des appels d’offres aux artisans concernés. Ce ne fut que deux ans plus tard que le puits retrouva sa forme actuelle.

 

Il faut dire qu’il a fallu tailler de nouvelles colonnes, mais les chapiteaux et les cartouches sont ceux d’origine. La charpente fut réparée, son toit de cuivre débosselé et les gargouilles remises en place. Il n’y a que l’ange avec sa trompette qui est une copie de l’original.

Quatre siècles plus tard elle retrouve une nouvelle jeunesse !

C’est quoi un oriel ?

En vous promenant dans les rues de nombreux villages alsaciens vous ne manquerez par d’apercevoir ces espèces de balcons clos sur la façade des maisons et que l’on nomme communément un « oriel ».

 

Ce terme architectural tirerait son origine d’un mot anglais « oriell » ou « oriel window » (fenêtre en saillie) et du latin « oriollum » qui signifie « porche » ou « galerie ».

 

Toujours est-il qu’un oriel est bien une sorte de balcon fermé en encorbellement sur u

ne façade et dont les dimensions sont variables.

 

Certains oriels peuvent s’étendre sur plusieurs étages. Ils sont souvent surmontés d’un petit toit. Leur forme nous rappelle les anciennes « échauguettes » médiévales que l’on trouve sur les châteaux.

 

Celles-ci étaient soit de forme cylindrique ou carrée contenant une petite pièce. Elles apparaissaient en encorbellement, dotées de mâchicoulis (sorte de galerie au sommet d’une enceinte militaire) et de meurtrières. Leur fonction dans une fortification était de permettre à des sentinelles de guetter les environs ou tout simplement de lancer des projectiles sur d’éventuels assaillants.

 

L’oriel assure à la fois une vue multidirectionnelle sur la rue ainsi qu’un meilleur éclairage de la pièce par la présence de plusieurs baies vitrées.

 

Son décor est souvent bénéficié d’une attention particulière sous formes de sculptures de type Renaissance : masques humains ou animaux,  rinceaux, volutes, draperies, feuillages, fleurs,  fruits aux formes variées. Sur certains oriels on découvre quelquefois des inscriptions rappelant des évènements concernant l’histoire de l’immeuble.

La plaque gothique de 1323

Si vous passez un jour sur la route du vin en direction de Marlenheim, arrêtez-vous par curiosité à Dambach-la-ville. Pourquoi ?

Parce que vous y verrez une plaque gravée en gothique sur l’arche d’une des portes de la ville, la « Untertor » (Porte Basse) sitée sur le flanc Est et qui date de 1323.

 

Quel est donc ce texte mystérieux et que signifie-t-il ?

 

Voici ce qu’on peut lire sur cette plaque : « Anno dni MCCCXXIII XII kal iulii huy opi di fuit pois pmus lapis »

 

Plutôt obscur n’est-ce-pas ? En plus il semble qu’il manque des lettres. Que voulez-vous c’est du gothique !

 

Rappelons que l’écriture gothique est une transformation d’un style d’écriture appelée « la minuscule caroline » utilisée l’époque de Charlemagne. Ainsi le tracé des lettres dans les minuscules carolines s’est progressivement arrondi pour revêtir une forme plus anguleuse. Certains historiens ont bien tenté d’expliquer la raison de ces changements, sans toutefois en avoir la certitude. Selon eux plusieurs éléments ont contribué à cette évolution : la taille des plumes servant à l’écriture, la volonté d’économiser de la place ou tout simplement un désir d’esthétique nouvelle.

 

Pour revenir à notre texte, il nous faudra quelque peu le compléter en rajoutant quelques lettres. Cela va se faire de la manière suivante : « Anno domini MCCCXXIII XII calendi Julii Hujui oppidi fuit posi primus lapis ».

 

On est d’accord pour vous c’est toujours du latin ! Pour moi aussi, mais si l’on s’en réfère à ceux qui maîtrisent cette langue ancienne, cela signifierait la chose suivante : « En l’an 1323 du seigneur, le 12 des calendes de juillet, sur cette place forte fut posée la première pierre de l’édifice ».

 

Et c’est effectivement ce que confirme les documents historiques. Pour le vérifier, il faut remonter à l’époque où Berthold de Bucheck, le fils de Henri de Bucheck, entra dans l’Ordre des Chevaliers Teutoniques tout comme son père. Très vite il fut nommé Commandeur pour le bailliage de Souabe-Alsace-Bourgogne. Cette position permit à Berthold de disposer d’une puissance financière et militaire considérable. Il ne s’en priva pas.

Il commença par agrandir ses possessions et à fortifier les villes qui en dépendaient. Voici d’ailleurs ce que l’on peut lire dans la chronique de Koenigshoffen que rédigea Jacques Twinger de Koenigshoffen : « Er beszert ouch daz bistum sere mit buwe, wande bi sinen ziten wart Dambach umbemuret, daz vormals ouch ein dorf waz ».

 

Même si ce texte vous semble quelque peu hermétique, il vous permet tout de même de remarquer qu’il est question de « Dambach umbemuret », de « Dambach sans murs ». Et on y apprend notamment que cette ville est dépourvue de fortifications, ce qui la rend particulièrement vulnérable. Berthold va y remédier en accordant au village le statut de ville ce qui permit la construction d’une enceinte.

La maison où logea Louis XIV en 1681

Cette maison, située au n°6 de la place du Marché aux Choux à Sélestat, était autrefois une vieille bâtisse avec un étage supérieur donnant en façade sur le ruisseau appelé « Klein Giessen » dont elle empruntait la dénomination.

 

Son nouveau propriétaire, Jean Billex, qui avait sans doute fait fortune à l’auberge voisine « Au Boeuf », entreprit des travaux qui élargirent la maison du côté droit. Il décora l’entrée d’une porte en s’inspirant de celle du couvent des Johannites. Voilà ce qui explique la date « 1615 » inscrite dans un phylactère sur le chambranle Renaissance de cette porte.

 

Sur la corniche est inscrit le texte suivant : « Ein Alter Buo wer ich viliar Hans Billex Buget mich ver wohr damit Ich werte Berand so wer ich zum Kleinen Giesen genant ».

 

Voici la traduction : « Vieille bâtisse je fus de longues années durant, quand Jean Billex fit de moi ce que je suis ; pour mon renom, je fut baptisée « au Petit Giessen ».

 

Sur la façade, le principal ornement consiste en un élégant oriel à deux étages en encorbellement décoré de raies de coeur et d’oves. Dans la partie basse de l’oriel deux inscriptions sont peintes.

Une autre inscription fut peinte sur l’oriel au XXe siècle.

 

Elle rappelle que Louis XIV fut accueilli dans cette maison en 1681 pour y recevoir l’hommage du magistrat de Strasbourg en ces termes : « En cette demeure le 14 octobre 1681 Louis XIV reçut l’hommage du Magistrat de Strasbourg, le 6 septembre 1690 le Grand Dauphin, le 5 juin 1703 son fils le Duc de Bourgogne logèrent en cette maison ».

 

Voici ce que rapporte l’historien A. Dorlan à propos de cet évènement : « Le roi arriva à Schlestadt le 13 octobre, par la vallée de Sainte-Marie. Il était accompagné de la reine, du Grand-Dauphin et de sa femme, du duc et de la duchesse d’Orléans, du prince de Conti et d’une suite nombreuse qui tenait avec peine dans 400 carrosses et un nombre incalculable de chevaux de main et de mulets. […] Après avoir traversé la ville entre une double haie de soldats qui contenait avec peine un immense concours de peuple accouru de tous les alentours, il descendit à l’hôtel Saint-Lô. »

 

Cet hôtel Saint-Lô dont Dorlan fait mention, est situé au fond de la cour. Il date de 1574 et porte le nom du commissaire des guerres Jean Saint-Lô qui l’avait acquis en 1649.

L’ORIGINE DU BRETZEL

Pour peu que vous examiniez les façades de nombreuses maisons alsaciennes, vous ne manquerez pas de remarquer ce qui servait de symbole aux boulangers des siècles passés : la « bretzel ». Il s’agit d’une pâtisserie salée en forme de nœud ou de bras entrelacés.

 

L’origine reste cependant difficile à identifier, car les versions ne manquent pas. Certains optent pour la version qui affirme que le bretzel fut inventé par un moine qui réalisé un pain rappelant les bras croisés de ses condisciples. Une autre version très connue rappelle l’histoire d’un boulanger affecté à la cour d’un seig

neur. Un jour, le seigneur auquel il présenta un pain mal cuit, le fit jeter en prison pour le punir. Il lui accorda cependant une dernière chance pour se racheter. Il lui demanda de confectionner un pain à travers lequel le soleil brillerait trois fois. C’est ainsi que ce boulanger malin créa le premier bretzel.

 

Avant de procéder à sa cuisson, on badigeonnait les bretzel de bicarbonate de soude pour obtenir cette couleur brunâtre et son croustillant.

Cette pâtisserie à la forme si caractéristique ne semble pas être une spécificité alsacienne. En effet, on trouve des bretzel tant en Allemagne, en Autrice et en Suisse. Selon les pays, on trouve diverses appellations : « laugenbrezelen », « breznen », « bretzgen », « bretzelen » ou encore « bradschdalen ».

 

Pour peu que l’on fouille dans les document anciens on retrouvera le même chez Herrade de Landsberg. Il s’agit du fameux « Hortus Deliciarum », un manuscrit latin réalisé entre 1159et 1175 au couvent du mont Sainte-Odile par l’abbesse Herrade de Landsberg et ses moniales. Ce manuscrit offre une synthèse des connaissances théologiques et profanes de l’époque. Or dans plusieurs illustrations on aperçoit le bretzel parmi les mets offerts sur les tables de l’époque.

 

Il y a ainsi une illustration représentant la reine Esther à la table du roi Assuérus.

Et sur cette table figurent trois plats de poisson, du pain et un bretzel.

 

 

 

 

Sur une autre illustration représentant le roi Salomon, à nouveau on trouve le poisson associé au bretzel.

 

 

 

 

 

 

Une dernière remarque : faut-il dire un ou une bretzel ? Malgré la polémique que peut susciter cette question, le dictionnaire n’a pas tranché la question puisqu’il déclare que le mot est à la fois féminin et masculin. A chacun de décider l’option qui lui plait le mieux.

 

Décidément le « bretzel » aura fait couler beaucoup d’encre !

 

AUBERGE DES TROIS ROIS DE CHATENOIS

Cette maison située au n°53 de l’avenue Foch à Châtenois mérite notre attention. En effet, en l’examinant attentivement on y découvrira un décor tout à fait original sur les deux poteaux corniers de cette maison. Ainsi sur le poteau de droite (vers le bas) on peut même lire la date « 1712 » qui correspond à celle de la construction de l’édifice. On aperçoit un décor en relief polychrome représentant des hommes vus de profils en train de boire et de fumer ainsi que des rinceaux et des vases.

 

Hans ou Jean Ziegler était le propriétaire de l’auberge « Aux 3 Rois ». Bien que Jean Ziegler occupait la fonction de un « Heimbürger » ou bourgmestre, il était chargé de gérer les comptes de la commune, le budget, les recettes et les dépenses, et aussi l’encaissement des impôts qui se payaient en espèces.

 

Malgré cette fonction cela ne le plaçait nullement au-dessus des lois. C’est la conclusion qu’on peut tirer de ce que révèlent les archives de la justice de cette époque. On y trouve un jugement prononcé contre lui par le procureur fiscal le 3 août 1716.

 

Jean Ziegler était accusé « de s’estre servy d’un poid de 3 livres qui lors de la visite faite le 11 avril dernier a pesé un once de moins qu’il ne devait. »

Défense : « feu Adam Michel KRAUSS serrurier lui a fait ce poids il y a de longues années qu’il a cru qu’il soit juste , il s’en est même servi quand il a a acheté du beurre, du fromage, que sa femme l’a montré à Jacques BRAUN et Nicolas DUCROT (les vérificateurs) qu’elle aurait pu le cacher si elle avait voulu , qu’il n’est point marchand. Il est vrai que cette année quand quelques uns ont logé chez lui il leur a donné quelques fois du pain de ménage par livre mais qu’il ne s’est pas servi de ce poids et que tout au plus il a débité un sac de farine cette année. ».

Tout cela lui vaudra tout de même une amende.

 

Même des questions à priori de moindre importance étaient portées devant la justice. Ainsi il y a un protocole du 4 septembre 1694 qui rapporte l’affaire suivante : Jean ZIEGLER du Gericht (tribunal) contre, Anne SCHWITZGERIN bey Peter BOGE « qui a ramassé des poires sous son arbre ». Elle fut condamnée à une peine assez surprenante : l’accusée devait être mise en cage le soir même « gleich in die Trillen gesetzt werden solle » (doit être immédiatement enfermé dans une cage) !

 

Une autre affaire datée du 9 février 1696 rapporte la plainte de Mathias GEBERT contre Jean ZIEGLER Heimburger qui l’a traité de « hergolfener Beyer » (nouveau venu de Bavière).

Jean ZIEGLER Heimburger contre Georges GOLDSTEIN qui, chaque fois que la bourgeoisie se rassemblait, en profitait pour fomenter « eine General Rebellion » (la zizanie dirait-on aujourd’hui). Le plaignant demande à ce qu’il soit puni sévèrement. L’accusé rétorque qu’il n’a rien dit qui puisse offenser les autorités. En punition il sera malgré tout enfermé dans la tour jusqu’à dimanche matin.

 

La séance du 26 février 1700 est également très révélatrice. Voici ce dont il s’agissait :

JJ KRISSMAR et JJ CHRIST. Mardi dernier durant toute la nuit, jusque dans la journée de mercredi, ils ont « gestihlet und getruncken » (mangé et bu) dans la maison de Jean ZIEGLER. GILLMETT procureur fiscal demanda à ce que les deux protagonistes ainsi que l’aubergiste soient punis.

Les deux rétorquèrent « sie haben sich in Ehren lustig gemacht und nichts böses gethan ». Ils déclarèrent en toute sincérité avoir passé un bon moment à s’amuser en ne faisant rien fait de mal. Ils demandèrent donc la relaxe. Ils furent tout de même condamnés à une livre de cire pour l’église.  L’aubergiste fut relaxé. Jean ZICKLER et Hans Conrad KOSSMANN également présents furent pareillement condamnés.

Décidément la profession d’aubergiste n’était pas de tout repos !

 

LE CHATEAU DU MOLKENBOURG

Ce fut vers 1340 que l’on entoura le bourg de Guémar par une enceinte fortifiée. Puis en 1369 le statut de ville fut accordé à cette commune située le long de la Fecht.

Ce furent les seigneurs de Ribeaupierre qui avaient reçu Guémar en fief au XIIIe siècle. Ils étaient chargés de contrôler l’axe Nord-Sud reliant les biens de la dynastie des Hohenstaufen en Alsace.

On comprend donc aisément pourquoi Guémar constituait un lieu stratégique particulièrement important.

C’est pour cette raison qu’ils firent édifier en 1287 un château de bois, appelé « Molkenbourg ». Puis en 1291, le frère d’Anselme de Ribeaupierre, Hermann, alors propriétaire de Guémar, procéda à d’importants travaux visant à remplacer ce château de bois par un édifice en pierre. Mais une nouvelle guerre menée par Cunon de Bergheim, le landvogt d’Adolphe de Nassau entraîna la destruction du château.

Puis, vers le milieu du XIVe siècle, Jean de Ribeaupierre, en guise de soumission, fit don du château de Guémar à l’évêque de Strasbourg. Les Ribeaupierre devinrent ainsi  les vassaux de l’épiscopat. De nouveaux travaux de restauration furent entrepris pour maintenir Guémar en tant que forte sur les plans militaires et économiques.

Malheureusement, la guerre de Trente Ans aura raison du château qui sera finalement démantelé.

Il subsiste aujourd’hui, la Porte Haute ainsi que quatre tours d’une dizaine de mètres de haut et dont les murs ont une épaisseur de 2 mètres. Cette porte, aussi quelquefois appelée « Bergheimertor » (Porte de Bergheim), permettait de pénétrer à l’intérieur de la ville. Il fallait pour cela franchir un pont de pierre enjambant l’ancien fossé.

La tour a été aménagée en logement. Elle possède une porte cintrée datant du XIVe siècle. Au premier étage on aperçoit une partie crénelée qui recevait autrefois un canon. Quant au toit à quatre pans, il est coiffé d’un campanile hexagonal.

Sur la façade Ouest de la tour, apparaissent les armes de Guémar qui se définissent ainsi en langage héraldique : « De sinople à une herse sommée d’une croix pattée d’or et soutenue d’un poisson contourné d’argent, le tout accompagné de trois écussons d’or, deux en chef et un en pointe ».

 

Plusieurs symboles peuvent être identifiés :

  • une herse représente la corporation des agriculteurs et un poisson celle des pêcheurs,
  • une croix fait référence à ses premiers propriétaires, à savoir les abbayes de Saint-Denis et celle de Murbach,
  • trois écussons évoquent que la ville appartenait aux comtes de Ribeaupierre de 1471 jusqu’à la Révolution

le tout sur un fond vert qui rappelle les grands prés entourant Guémar

La Ganzeliesel ou Lison aux Oies

Si d’aventure vous vous promenez dans la rue des Têtes à Colmar, vous ne manquerez pas d’apercevoir au n° 22 de cette rue, l’enseigne que réalisa le célèbre dessinateur alsacien Hansi.

 

C’est celle d’une ancienne charcuterie bien connue des Colmariens. Elle représente Saint-Antoine assis sur un tronc d’arbre tenant entre ses mains un livre dont il lit le contenu à un cochon (?).

En observant attentivement la partie supérieure de cette enseigne vous y distinguerez la « Gaenselisel » ou « Lison aux oies », petite alsacienne promenant ses oies.

 

Quel est donc l’origine de tout ceci ?

 

Il nous faut remonter à la fin du XIXe siècle lorsque l’architecte en chef de la ville de Strasbourg demanda au jeune sculpteur Charles Albert Schultz de créer une statue en bronze destiné à la fontaine de la Grande Halle aux Légumes (Ancienne Douane), place du Corbeau.

 

Il choisit de représenter une jeune alsacienne portant un panier de légumes au bras qu’une oie tente de lui dérober. Albert Schultz  immortalisa ainsi la tradition de nombreux villages alsaciens qui élevaient des troupeaux d’oies destinées à la fabrication du fameux foie gras. Le gavage des oies était pratiqué depuis de nombreuses années en Alsace. Ce fut d’ailleurs à Strasbourg en 1780 que naquit entre les mains de Jean-Pierre Clause, le premier cuisinier du Maréchal de Contades, la célèbre recette du pâté de foie gras.

 

C’est ainsi que l’on plaça cette statue dans la Halle en 1899. Mais on constata très vite que l’emplacement était tellement sombre qu’on distinguait difficilement la statue. Voilà pourquoi l’année suivante on déplaça la « Ganzeliesel » dans les jardins de l’Orangerie où elle est toujours encore visible à gauche du Pavillon Joséphine.

SICUT UMBRA FUGIT VITA

Voici la devise latine inscrite sur un cadran solaire peint en 1711 sur le mur d’une maison (le n°44) à Bergheim, commune située sur la Route du Vin au nord de Ribeauvillé.

 

Ce cadran quasi-méridional, puisque c’est ainsi que l’on désigne ce modèle de cadran, fournit nombre d’informations quant au temps qui passe.

 

Il permet de connaître les heures, les demi-heures et même les quart-d’heure (graduation extérieure en chiffres romains). Il indique également les changements de saison. (le nom des mois est indiqué en latin en blanc sur fond gris).

 

Le cadran permet aussi de connaître la position du soleil par rapport aux constellations du zodiaque (les symboles des signes du zodiaque apparaissent de chaque côté sur fond jaune). Il révèle la date de l’année avec une précision de quelques jours ainsi que les heures de lever et de coucher du soleil. Voir la colonne de gauche « ortis solis » (lever du soleil) et la colonne de droite « solis occasus » (coucher du soleil).

 

Peint sur cette maison en 1711 par son propriétaire, dont les initiales sont « J.G. », la partie haute est en forme de banderole sur laquelle on peut lire la devise latine « Sicut umbra fugit vita », (comme l’ombre, la vie s’enfuit).

 

Sur la ligne suivante apparaît le texte « Fecit ano MDCCXI » qui précise la date de réalisation du cadran (Fait en l’année 1711).

 

Autre détail intéressant qui pourtant n’est pas visible, le ruisseau qui traverse le village passe sous la maison, sur toute sa longueur. C’est ce qu’à révélé un plan cadastral de l’époque napoléonienne.

 

La caverne du dragon

Vous trouverez cette caverne sur la façade Sud-Ouest du « Letzenberg », colline proche de la ville de Turckheim à l’entrée de la Vallée de Munster.

Pour retrouver l’endroit exact, rendez-vous devant la Porte du Brand à Turckheim. Suivez ensuite la rue juste en face, celle du Katzenthal qui vous mènera droit dans le chemin du Drachenloch. Arrivés au bout de ce chemin vous ne tarderez pas à apercevoir la fameuse caverne.

 

 

La légende affirme que cette caverne ne fut visible que lorsque toute l’eau se fut retirée. La vallée qui apparût alors s’avéra particulièrement fertile au point d’attirer les hommes qui découvrirent ainsi le squelette du dragon.

 

Depuis ce moment-là la caverne fut désignée sous le nom de « Drachenloch » (Caverne du dragon). Certains racontèrent même que par ses nombreuses tentatives pour

s’extraire de la caverne le blessa gravement au point que son sang se répandit fécondant de manière surprenante la terre environnante.

 

Voilà pourquoi on appela cette partie du vignoble le « Brand » car les rayons du soleil sont ici particulièrement ardents. Le mot Brand en allemand désigne le feu ce qui est tout à fait approprié pour désigner le sol du vignoble un peu plus chaud qu’ailleurs. Bonne découverte.