Le losange et sa signification

Cette forme géométrique apparaît fréquemment sur les maisons alsaciennes et notamment sur les allèges des fenêtres. Le losange ou « Raute » (allemand), lorsqu’il est taillé sous forme de frises décoratives dans les plinthes, est destiné à cacher les sablières d’étage.

Notez qu’on retrouve aussi ce losange sur les murs des étables et des granges, sur les portails, sur les vantaux des portes d’entrée. Ce motif est également repris dans le décor du mobilier polychrome alsacien (armoires, bahuts, etc.)

S’il est vrai que la fonction du losange participe, avec le reste du colombage à la rigidité de l’ensemble d’un pan de bois, il a tout spécialement une très forte valeur symbolique.

 

L’origine de ce losange se retrouve dans très ancien alphabet runique scandinave. Rappelons que les runes (on dit une rune : nom féminin) sont des inscriptions utilisées par les Vikings et d’autres peuples germaniques pour rédiger des manuscrits ou graver des informations sur des pierres tombales.

Le plus ancien alphabet runique, le vieux futhark, était utilisé depuis le IIe siècle jusqu’au VIIIe siècle.

Il comportait 24 lettres, dont la vingt-deuxième rune est appelée Ingwaz.

C’est justement celle qui a la forme d’un losange.

 

Dans la symbolique traditionnelle indo-européenne, c’est le symbole de la féminité et de la maternité, combinant d’une part le contenant, le ventre materne, et d’autre part son contenu à protéger, l’enfant. Il désigne donc un contenu que l’on veut protéger mais il est aussi interprété comme un symbole de la fécondité.

 

Cela peut signifier que l’on souhaite une descendance mâle pour assurer la pérennité de l’exploitation. Lorsqu’on le trouve sur une étable, cela peut exprimer l’espoir d’avoir de nombreux veaux. Sur une grange il représente l’espoir d’engranger des récoltes importantes.

On rencontre fréquemment une combinaison du losange avec une croix de Saint-André « durchkreutze Raute ». Là encore elle signifie que les propriétaires de la maison espèrent une nombreuse descendance. C’est une invocation pour obtenir une double bénédiction de la fécondité familiale !

 

Une aventure historique

Saurez-vous trouver le chemin qui vous mènera de Turckheim à Kaysersberg ?

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Venez découvrir en famille ou entre amis de nombreuses curiosités historiques.

 

C’est un jeu de piste ou rallye touristique qui fait appel avant tout à l’observation, à l’imagination.

L’itinéraire est d’environ une dizaine de kilomètres à parcourir, en voiture, en vélo et bien sûr à pied. En effet, c’est « pedibus cum jambis » que se fera l’essentiel du chemin.

 

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Bonne découverte !

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Une date à noter sur vos agendas
le samedi 24 et  dimanche 25 novembre 2018

de 9 h à 18 h
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au parc-expos à COLMAR
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La chaise curule

Dans le descriptif d’une maison alsacienne vous trouverez fréquemment le mot « chaise curule » et vous vous demandez à quoi peut bien ressembler une telle chaise.

 

Ce terme désigne un siège romain dont deux bras sont incurvés en S. On a appelé ce siège ainsi car il était réservé à une catégorie bien particulières de la population : des magistrats dits curules parmi lesquels on comptait les consuls, les proconsuls, les préteurs, les propréteurs, les édiles, etc. Voilà pourquoi la chaise « curule » devint le symbole du pouvoir judiciaire.

 

Le siège était à l’origine en bois, puis en métal, voire en bois revêtu du bronze avec des ornements d’or ou d’argent.

 

Plus tard, cette forme fut utilisée dans l’architecture des maisons. C’est ainsi qu’elle évoquait la demeure d’un personnage important auquel on avait concédé des égards et des privilèges particuliers : un échevin, un « schultheiss », un magistrat ou un juge.

 

Lorsqu’une ou plusieurs chaises « curules » apparaissent sur une maison alsacienne, c’est très souvent l’indication qu’un personnage important y résidait.

 

La prochaine fois que vous vous promènerez dans un village de la route du vin,  vous verrez de nombreuses « chaises curules » sur les façades des maisons alsaciennes.

Le corbeau qui ne vole pas

Le Corbeau, voilà un élément d’architecture que vous trouverez fréquemment sur nombre de maisons alsaciennes.

Rien à voir avec les diverses espèces de Corvidés à plumage noir.

Il s’agit d’un élément en pierre ou en bois saillant sur un mur. Il servait d’assise d’un parement extérieur ou permettait de porter un plancher en bois ou d’autres structures. On l’appelle quelquefois « assise de corbeau ».

 

Il est utilisé pour supporter un toit, une corniche, un élément en encorbellement (l’un et l’autre sont issus de l’ancien français « corbel » qui désigne le corbeau l’oiseau qui se perche en haut de mur ou sur un avant-corps.

A ce rôle de support, le corbeau peut ajouter un rôle décoratif. Il est de ce fait fréquemment sculpté et galbé en forme de S inversé. La partie non enroulée s’appelle la face.

La console est parfois double, avec un effet de plissé sur un corps de moulures. Elle est aussi ornée avec des imbrications, des « glyphes » (Inscription ou trait gravé en creux) ou des figures variées.

Il faut préciser que la console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes. Elle sert généralement à soutenir une structure comme un oriel, une logette ou un balcon. Le corbeau étant un élément peu saillant il soutient une corniche, un linteau ou une poutre.

Le “Mann” alsacien

Le « Mann » (Homme en allemand) est un terme utilisé en architecture alsacienne à propos du colombage d’une maison.

C’est en fait, une forme de charpente qui comporte des poteaux obliques de décharge associés à un poteau vertical qui rappelle la silhouette d’un homme. Initialement cet élément avait pour but d’assurer la rigidité de l’ossature de la maison.

La forme la plus courante du « Mann » qu’on rencontre sur de nombreuses maisons alsaciennes est celle qui ressemble à un homme dont les jambes sont écartées et qui lève les bras au ciel.

Ainsi, deux poutres de bois représentant les jambes (ou décharges) partent des coins inférieurs droits et gauches pour se rejoindre sur le poteau vertical central à peu près à la hauteur de deux tiers de celui-ci. Quand aux bras (aisseliers) il prennent appui à environ mi-hauteur du poteau central et rejoignent les coins supérieurs à droite et à gauche.

Au fil du temps, plusieurs variantes de ce « Mann » sont apparues. Ainsi, le « Mann » dans sa forme primitive n’avait pas de bras obliques mais il possédait déjà des jambes qui se rejoignaient aux deux tiers de sa hauteur. Par contre il était doté d’une tête que formaient deux coins ouvragés placés de part et d’autre du tronc. Ces coins reçurent des décorations en forme de cœur ou encore de double tête de coq.

Il y a aussi des « Demi-Mann » ou « Halbmann » qui se compose de deux K majuscules de chaque côté du pignon. Des « Mann » imitant la tête de coq avec un oeil apparent.

Ceci nous amène à évoquer que la fonction technique du « Mann » va peu à peu revêtir une signification mystique. Ainsi en est-il de la tête de coq.

Cet animal, par son chant matinal annonce la fin de la nuit et le lever du soleil. Donc il fait figurément fuir les êtres maléfiques qui oeuvrent la nuit, sorcières et autres esprits méchants, dès que le chant du coq retentit.

Le « Mann » va également acquérir une signification symbolique, celle de la force physique ou de la virilité.

 

Solution dalle de grès

d60-42071-kaysersberg ancienne boucherieCette dalle de grès apparaît sur un long édifice construit en 1616 à Kaysersberg dans la rue De Gaulle entre les n° 74 à 78. On l’appelait la «  Metzig » ou « Boucherie publique ».

Cette boucherie fut édifiée au début du XVIIe siècle par Iohan Volrath, alors inspecteur des bâtiments, c’est ce que mentionne la plaque en grd60-39145 kb canal des moulinsès sur la façade Ouest. Du point de vu architectural on peut noter le beau pignon chantourné avec ses courbes, ses sphères et se coquilles.

Ce fut dans ce lieu que les bouchers découpaient les carcasses d’animaux avant de les proposer sur leurs étals. Ils se servaient ensuite de l’eau du canal pour effectuer le nettoyage des lieux.

A cette époque-là, les eaux de la Weiss prenaient souvent une coloration rouge en raison du sang des animaux abattus que l’on laissait s’écouler directement dans la rivière.

Pour d’autres détails veuillez  vous référer au Guide “LES COULOIRS DU TEMPS DE KAYSERSBERG”

La dalle de grès de Iohan Volrhat

Si d’aved60-42072-kaysersberg metzig plaque muralenture vous vous promenez ces prochains jours à KAYSERSBERG, vous remarquerez certainement cette grand bâtisse située sur le canal des Moulins dans le haut de la ville près du « Badhus ».

Sa construction fut terminée en 1616 comme l’indique une plaque en grès fixée sur la façade Ouest.

Sur cette plaque on peut y lire le texte suivant : « IOHAN VOLRHAT DER ZEIT BAUMEISTER ».

Vous noterez que si les armoiries de Volrath ont été buchées la date de « 1616 » est restée intacte.

A votre avis quel était l’usage de ce bâtiment ?

Maison Hans Jacob Schultz (solution)

La maison à identifier à Riquewihr est celle qui porte le n°13bis dans la rue Général-de-Gaulle.

Les Expositionpropriétaires de cette maison de vigneron, Hans Jacob Schultze et son épouse Maria Suzanna Binder avaient eu l’idée d’ajouter un oriel sur deux étages lorsqu’ils procédèrent à des travaux d’agrandissement en 1709.

Édifiéed60-36563 oriel inscriptions maison schultz vers la fin du XVe siècle cette maison conserve une porte de style gothique tardif datée de 1496. Mais une date pose problème, c’est celle figurant au 1er étage de l’oriel, « 1514 ». On ignore en effet si elle fait référence à l’oriel ou à l’ensemble des travaux réalisés sur l’édifice.

Voici les renseignements que révèle le texte qui apparait dans le cartouche de l’oriel  sur les évènements qui marquèrent cette année.

« Mille sept cent neuf est la date de ma construction à partir de la naissance du Christ mais aussi ce fut au cours de cet hiver que dans les montagnes comme dans les vallées que furent détruits par le gel de nombreuses vignes et arbres dans toute l’Europe ».

C’est à la suite de cet hiver 1709 que presque tous les vignobles furent détruits en France, à l’exception de ceux du pourtour méditerranéen, ce qui entraîna un bouleversement de la viticulture dans cette région : c’était désormais la seule contrée qui pouvait fournir du vin à tout le pays. C’est depuis cette année-là que les viticulteurs ont donné la priorité à la quantité plutôt qu’à la qualité du vin (Dion, 1959).

 

Vous trouverez encore de nombreuses maisons de cette époque à Riquewihr, il vous suffira de vous promener dans cette localité avec le guide « Les couloirs du temps de Riquewihr ».

Maison Hans Jacob Schultz

d60-36563 oriel maison schultz riquewihr

A Riquewihr, il existe encore de nos jours une maison dans la rue du Général De Gaulle qui fut édifiée vers la fin du XVe siècle. D’autres maisons l’ont été à cette époque, mais celle-ci nous rappelle un événement climatique particulièrement mémorable.

 

Voici le texte de cette inscription en   langue allemande qui figure sur un oriel daté de 1709 : «Siebenzehn hvntert nev ist meine bawiahrszahl gezahlet von terzfit da christus ist gebohren in diesem winter sint leiter zu berg unt dahl all reben seer viel bavm in evropa verfrohren ».

 

Pour quelle raison les propriétaires de cette maison de 1496 tenaient-ils tellement à ce que cette année 1709 soit gravée sur l’oriel ?