KAYSERSBERG

Les couloirs du temps de Kaysersberg


Située sur la route qui monte vers le Col du Bonhomme, Kaysersberg était à l’origine un petit bourg au même titre que Kientzheim ou Sigolsheim, petites localités voisines. Il faut attendre le début du XIIIe siècle pour trouver les premiers documents évoquant l’existence de cette cité.

C’est dans ce document que le château est désigné par le terme latin « castrum Keisersperg ».

Ce nom est décliné sous diverses formes comme «Kerserpech», «Keisersperch», «Kaisiberc» il resta sous la forme « Kaysersberg ».

Quelques années plus tard, en 1245, les relations entre l’empereur et l’église se dégradèrent brusquement. L’empire fut divisé et l’Alsace fut désormais dirigée par l’évêque de Strasbourg. Pas pour longtemps, car en 1248 l’autorité fut transférée au duc de Lorraine. La possession de Kaysersberg fut également l’objet d’une controverse qui éclata en 1265 entre Rodolphe de Habsbourg et l’évêque de Strasbourg. Finalement la cité resta aux mains de l’Empire. Les fortifications dont la ville fut dotée en 1227 furent renforcées jusqu’à la fin du XIIIe siècle.

Il fallut attendre 1293 pour que Kaysersberg devienne effectivement ville impériale, lorsque Rodolphe de Habsbourg lui attribua ce statut au même titre que Colmar.  A partir de cette date, des changements intervinrent, comme la nomination d’un «schultheiss» (prévôt), d’un conseil qui avait maintenant la possibilité d’établir toutes sortes de réglementations jugées nécessaires.

Puis en 1354, profitant de la visite de Charles IV, les bourgeois obtinrent de nouveaux privilèges. La ville fut affranchie de toute juridiction étrangère. Elle devint cette même année membre de la Décapole, ligue de dix villes impériales d’Alsace.

Durant le XIVe siècle, la ville se développa considérablement. L’Ordre Teutonique s’y installa en 1295, l’abbaye de Pairis acquis de son côté des propriétés, comme l’Oberhof avec sa chapelle. Les Clarisses de Kientzheim s’établirent dans le couvent d’Alspach. Le commerce prit de l’essor grâce à l’attrait que la ville offrait à l’intérieur de ses murailles. Les bourgeois se multiplièrent. De nombreuses maisons furent construites à cette époque de prospérité, si bien qu’il fallut agrandir l’enceinte de la ville en 1350.

Déjà au XVe siècle le commerce du vin assurait une grande part de la prospérité de la cité, les nombreux viticulteurs qui y résidaient exportaient leur production en Lorraine, en Suisse et en Allemagne.

Mais la situation de Kaysersberg ne fut pas toujours aussi bonne. Elle connut notamment des périodes très critiques, comme lors de la guerre des paysans en 1525 durant laquelle la ville fut saccagée et incendiée. Au milieu du XVIe siècle plusieurs tentatives furent entreprises pour répandre le protestantisme dans la ville, mais sans succès. A cette même époque, le bailliage fut accordé au baron Lazare de Schwendi.

Puis éclata en Alsace, la terrible Guerre de Trente Ans, avec l’arrivée des Suédois en 1632 qui ravagèrent le château et détruisirent de nombreux édifices. De lourdes contributions de guerre écrasèrent la population locale.

Ce ne fut qu’après le traité de Westphalie en 1648 que les choses se calmèrent mais au prix de la perte de privilèges et droits acquis précédemment. Kaysersberg, en devenant ville française, perdit son indépendance car elle fut désormais soumise à la couronne du roi de France.

Le XVIIIe siècle permettra à Kaysersberg de retrouver une certaine stabilité. L’artisanat, les tanneries et la viticulture enrichirent à nouveau les bourgeois. Lors de la Révolution de 1789, les communautés religieuses disparurent et leurs actifs furent vendus comme biens publics. On tenta même de débaptiser la ville en « Mont-Libre » mais sans succès car dès 1794, l’ancienne dénomination reprit le dessus. La Commanderie des Chevaliers Teutonique fut démolie. Ce ne fut qu’après les guerres napoléoniennes que Kaysersberg retrouva enfin sa sérénité.

Au XIXe siècle, Kaysersberg subit de nouvelles modifications que lui imposa l’industrie textile. Des filatures, des tissages se développèrent. L’ancien couvent des Clarisses d’Alspach fut converti en usine papetière.

Malgré les deux guerres mondiales et notamment la seconde qui endommagea gravement la ville, une grande partie du patrimoine architectural échappa à la destruction. Voilà ce qui confère à la visite de la ville un intérêt tout à fait particulier.

Pour apprécier toute la richesse de son patrimoine, il faut s'engager dans les nombreuses rues et ruelles qui composent sa géographie interne. Vous apercevrez des symboles inconnus, des inscriptions mystérieuses sur les façades de nombreuses maisons construites au XVIe siècle.

Mais grâce à ce guide spécialement conçu pour vous, qui n'êtes peut-être spécialiste en histoire, vous pourrez comprendre et interpréter ces inscriptions gravées dans la pierre. Des centaines de photos vous faciliteront le repérage de ces curiosités.

Laissez-vous donc entraîner dans cette étonnante promenade historique dans KAYSERSBERG !

Guide de 112 pages avec plus de 250 photos en couleur

format 14 x 19,5 cm prix public de 13 euros (+  frais de port )

Pour consulter le livre sur KAYSERSBERG cliquez sur l'image de la couverture

©2010 - Couloirs du Temps - Tous droits réservés - www.ac89.com - Créer un site